Anima Terrae – Murmures du vivant
Quand nature et culture se répondent
Entre nature et culture, entre science et poésie, Anima Terrae – Murmures du vivant tisse un dialogue sensible avec le monde.
Chaque épisode, de moins de dix minutes, invite à ralentir, à écouter autrement, à se laisser traverser par la beauté du vivant : le vol turquoise du martin-pêcheur, la respiration souterraine des champignons, la puissance des orages ou encore les étonnantes stratégies du biomimétisme.
Ce projet créé par Flore est né d’un besoin de sens, face au vacarme et au vertige du monde contemporain.
Là où certains, comme Sebastião Salgado, choisissent la lumière et la photographie pour témoigner de la beauté et de la fragilité du vivant, Anima Terrae emprunte le chemin du son : celui des murmures, des silences habités, des voix qui racontent autrement notre lien à la Terre.
À travers une écriture sonore soignée, le podcast explore cette frontière où la connaissance rencontre l’émotion, où la contemplation devient une forme de résistance.
Il interroge notre façon d’habiter le vivant, de l’écouter, et de lui faire une place dans nos imaginaires.
Dans chaque épisode, une invitation : redonner voix à ce qui n’en a pas, faire résonner ce qui, souvent, se tait.
À écouter sur :
Ausha
Spotify
Apple Podcasts
Deezer …
Anima Terrae – Murmures du vivant : un cabinet de curiosités sonore où la science se mêle à la poésie, pour réapprendre à aimer le monde qui respire.
Quel cheminement "écologique" personnel pour arriver à la création de ce podcast ?
Un très long chemin, celui d'une vie... Pour éviter un roman, disons que tout a commencé sous le joug paternel, avec une vision assez angoissante de l'écologie. Le pronostic annoncé était de vingt ans avant la fin de notre monde...
Quand j'ai dépassé les vingt ans et que j'ai vu que tout ne s'était pas écroulé, j'ai gardé quelques stigmates, car les dires de mon père se sont révélés assez prophétiques sur de nombreux points.
Je reste consciente, mais je n'en suis pas moins sensible...
Bref, on ne peut vivre sereinement en portant la culpabilité de notre existence et en assumant en permanence le poids de notre impact environnemental dans une société riche.
J'ai préféré me concentrer sur la beauté de la nature, parce que c'est une source de satisfaction intarissable.
Alors j'ai tâché de trouver un métier qui ait du sens. Je suis psychomotricienne (mais j'ai fait pléthore d'études et de métiers avant de trouver), et j'ai gardé la nature comme mon refuge, mon oxygène.
Et puis, d'expériences en expériences, un matin, en vacances en Suisse — manifestement inspirante —, l'idée a germé comme un exutoire.
J'ai toujours aimé la radio comme média, car elle permet de se concentrer sur le contenu et de laisser une place à l'imaginaire. Le podcast était donc parfait !
J'ai ressenti le besoin de partager simplement mon intérêt. Et au lieu de juste fatiguer mes amis en les reprenant sur la différence entre une poule d'eau et un foulque, ou entre un ragondin et un castor, j'ai décidé d'embêter plus de monde :)
C'est ma petite contribution. Avec l'humain je pense qu'il faut s'aimer pour prendre soin de soi, avec la nature c'est pareil...
Quel est le public visé ?
J'ai lu qu'il fallait réfléchir au public, aborder les choses avec une approche marketing. Et ça m'ennuie terriblement.
Alors, le public, ce sont tous ceux qui ont envie d'apprendre, de comprendre, de s'arrêter un instant et de regarder le monde qui les entoure.
Certains épisodes plaisent particulièrement aux enfants, d'autres sont plus accessibles aux adultes.
Ma seule envie, c'est que chacun glane au moins une nouvelle information en écoutant Anima Terrae, du néophyte au passionné.
Comment choisissez-vous les thèmes abordés ?
Au feeling, très clairement. Je ne m'interdis rien.
Si je croise dans mon quotidien un sujet intéressant, il fera germer un thème.
Tout m'intéresse : des tourbillons au lien d'attachement chez les animaux.
Les saisons peuvent un peu influencer la ligne éditoriale, mais elles ne sont pas limitantes.
Y a-t-il des sujets plus compliqués à traiter, ou d'autres pour lesquels vous avez plus d'affinités ?
Personnellement, j'adore les oiseaux. Surprendre un animal dans son environnement est une source de joie infinie.
L'avantage des oiseaux, c'est qu'ils sont nombreux et donc multiplient mon bonheur.
J'adore aussi l'éthologie, humaine comme animale. C'est un peu plus difficile à traiter, car j'ai à cœur d'être compréhensible, et j'ai vite envie de partir loin...
Le format du podcast, assez court, limite les digressions, et c'est un cadre structurant qui me force à aller à l'essentiel.
Combien de temps pour finaliser un épisode ?
Je découvre l'univers du son, donc au début j'ai vraiment passé une semaine entière enfermée pour tenter d'obtenir quelque chose de correct.
À présent, l'enregistrement et le montage prennent environ une journée (je ne suis pas très productive :)), voire plus, car il m'arrive de recommencer encore et encore...
Et comme j'enregistre sous ma couette, dans mon lit (sur les conseils d'une amie pour éviter la réverbération), ça devient problématique d'expliquer à mes proches que je passe la journée au lit !
Pour l'écriture, c'est difficile à quantifier. Je commence, je change, j'y reviens... Ce n'est pas un temps formel.
J'écris assez vite en général, c'est plus la réflexion qui est chronophage.
Vous appuyez-vous sur des personnes de référence dans le domaine, ou chaque podcast est-il le fruit d'un gros travail personnel de recherche ?
Pour l'instant, je fais mes recherches dans mon coin.
J'ai des tonnes de livres avec l'ambition de les lire. Les Japonais ont un terme sympa, le tsundoku, qui désigne le fait d'accumuler les livres. C'est le mal dont je souffre !
Évidemment, Internet est aussi mon ami.
J'aime aussi échanger, donc je tente de rencontrer des gens pour qu'ils m'éclairent.
C'est souvent l'inverse, en réalité : d'abord une rencontre, puis l'idée germe.
Votre podcast est tout neuf (le premier numéro date du mois d'août) Dans un an, satisfaite si ?
Dans un an, satisfaite si je garde la constance et que j'améliore encore la qualité.
Et très heureuse si je peux lancer des épisodes bonus, avec des interviews, des balades immersives.
Extrêmement satisfaite si je continue à recevoir de si gentils retours : je n'avais rien anticipé.
Il est impossible de savoir si ce que l'on fait va plaire ou non. J'avais mis l'idée de côté en me disant : je partage ma vision, je tente d'être sincère dans mon approche et on verra bien.
Rencontrer des personnes avec une sensibilité proche de la mienne est précieux et me laisse croire en un meilleur.
Le questionnaire Pleins Pouvoirs de Flore
- Vous êtes invité(e) à une séance de spiritisme. Bien que sceptique, on vous demande de choisir la personnalité écologique décédée avec qui vous pourrez communiquer pour quelques minutes. Laquelle ?
Elle est parfois sujet à controverse mais je pense que je choisirais Dian Fossey parce qu’enfant j’étais émerveillée en la voyant avec les gorilles. Et puis en regardant King Kong j’ai pleuré comme une madeleine en repensant au sort qu’on leur réserve et en repensant à elle… Je ne sais pas si on peut la considérer comme personnalité écologique mais elle avait déjà cette ambition d’apporter un regard ouvert sur le monde qui nous entoure…
- Député(e), vous vous retrouvez seule dans l'Assemblée Nationale déserte. Vous avez alors toute latitude pour abroger, amender ou créer une seule loi environnementale. Laquelle ?
La fin des pesticides ! Parce que c’est un hérésie, un suicide collectif.
- Généticienne fan de Jurassic Park, vous savez faire revenir à la vie une espèce disparue, ou inventer une espèce hybride fantastique. Laquelle ?
Je n’invente rien, la nature est déjà une créatrice fantasque, en revanche je fais revenir les grand pingouins, parce que j’ai lu 'le dernier des siens’ de Sybille Grimbert, et que j’ai adoré la prouesse littéraire.

En plus j’ai un peu échangé avec l’auteure, que j’espère un jour recevoir, elle est adorable de prime abord. Mais je serais un peu frustrée de ne pouvoir en choisir qu’un…
- Vous avez les clefs de la De Lorean de "Retour vers le Futur". Vous réglez l'horloge vers quelle époque pour côtoyer quels animaux ?
Je reste aujourd’hui, j’ai encore tellement à découvrir ! J’attends de surprendre un Grand Duc dans son environnement, j’ai des rêves simples ancrés dans le présent !
- Grand Maître Bouddhiste, vous pouvez choisir l'animal dans lequel vous vous réincarnez pour une nouvelle vie. Lequel ?
Je reviens en humain, je n’ai clairement pas envie de manger du krill ou des souris 😊
Vous êtes nommé(e) Ministre de l'Education. Que mettez-vous en priorité au programme : le concept de la cascade trophique, la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces, la sixième extinction de masse, le rôle des insectes et des vers de terre, ou... ?
Je pars sur les insectes parce qu’il sont mal aimés, mal traités et pourtant essentiels!
A la tête de l'ONU qui aurait enfin du pouvoir, vous avez la possibilité de sanctuariser ad vitam eternam un seul hotspot de la biodiversité : Ngorongoro, Pantanal, Galapagos, Spitzberg, Baie de Somme... ?
D’abord je me dis que vraiment c’est injuste de devoir toujours choisir quand le choix n’est plus de mise… Et je protégerai peut-être le Spitzberg, j’aime assez le froid, la neige…
- Pénurie mondiale de bois : l'Arche de Noë sera plus petite que prévue. En tant que capitaine de l'Arche, quelles sont les 5 espèces que vous sauvez de la disparition ?
On ne va pas s’amuser si je suis le capitaine parce qu’il me faudra 3 jours pour faire passer mon mal de mer 😊 En compagnons d’infortune et égoïstement je commence par les chiens histoire d’amener ma meilleure copine avec moi. Si je choisis des gros prédateurs ma survie sera en péril mais magnanime je ferai un tirage au sort. Je ne m’embarrasse pas des animaux marins et aériens qui vont se gérer comme des grands.
Et si je réponds gentiment à la question posée, je prendrai peut-être un orang outan, une loutre, un panda roux, un chat de Pallas parce qu’avec lui j’aurai ‘l’impression d’être dans Alice aux pays des merveilles, et un écureuil géant de l’Inde parce qu’il n’est pas très connu alors qu’il est quand même bien singulier !
- Quel gage à qui ? :
* le PDG de Bayer doit enfumer une ruche sans combinaison d'apiculteur,
* le président de la fédération des chasseurs doit s'asperger d'urine de biche en chaleur pendant la période du brâme,
* l'nvestisseur principal de Marineland doit se jeter dans le bassin des orques déguisé en otarie,
* le ministre de la Santé Chinois doit boire tous les matins une décoction de selles de pangolin, bile d'ours et bave de requin
* le président de la République doit dire lors de sa prochaine allocution télévisuelle "chasseurs, pêcheurs industriels, éleveurs, groupes pétrochimiques : je n'ai pas besoin de vos votes"
Alors par nature, je ne suis vraiment pas pour la torture. Donc je demanderai au président d’agir, il devrait s’en remettre sans trauma !
- Vous pouvez lors d'une publicité télévisuelle hypnotiser les téléspectateurs pour transformer l'image négative d'une espèce afin qu'elle devienne sympathique :?
Là encore je vais passer pour la reine des mièvres, mais j’hypnotise ou ne manipule personne. Je pense que l’éducation reste un des plus jolis pouvoirs. Du coup, je tenterai à nouveau de plaider pour les insectes, histoire que l’on arrête pour les animaux une protection à ‘la mignonnerie’.
- Fin négociateur, vous pouvez forcer tous les acteurs d'un conflit à trouver un accord bon pour la faune :éleveurs / défenseurs des grands prédateurs, industrie phytosanitaire / apiculteurs, chasseurs / promeneurs, laboratoires d'expérimentation animale / associations de protection, ... ?
Evidement tous! Mais je repars sur les insecticides parce que c’est un sujet d’une priorité absolue, et j’ai l’impression que son impact n’est pas forcément bien pris en compte.
- Vous gagnez le (très) gros lot au loto : quelle(s) association(s) de protection mettez-vous définitivement à l'abri du besoin ?
Une association qui s’appelait A pas de loup et qui est devenue Volontaires pour la nature. Plus jeune j’ai participé avec eux à un chantier notamment au Portugal pour la réintroduction des aigles de Bonelli au Portugal. On restaurait des pigeonniers, et l’idée était d’assurer des proies aux aigles tout en participant à une agriculture écologique avec les fientes comme engrais. Avec autant d’argent ils vont pouvoir lancer de nombreux projets citoyens… Parce que plus que l’argent, je crois en l’engagement de chacun.
- Prestidigitatrice, vous savez faire disparaitre un objet à jamais : le fusil de chasse, le pulvérisateur de produits chimiques, le filet de pêche industriel, le fouet de dompteur/dresseur, la tronçonneuse...
Les produits chimiques !!!! Et si j’ai du talent j’espère pouvoir en faire disparaitre d’autres…
- Professeur des écoles, vous avez entre les mains de faire redoubler un élève ad vitam aeternam afin qu'il n'ait jamais la possibilité le pouvoir de nuire contre l'environnement, Trump, Bolsonaro, Poutine...ou ?
Je n’affectionne pas spécialement Trump… Mais étant psychomotricienne de formation et appréciant la vision inefficace du redoublement d’Albert Jacquard, j’espère que je serai une bonne professeure, que je lui ouvrirai les yeux et qu’il ne stagnera pas en CP !…





