Photographes animaliers

GOMA Vianney

J'ai grandi dans la campagne, entouré de garrigues, vignes, friches et forêts. Mon éducation est guidée par le monde agricole et j'ai appris à conduire un tracteur avant de savoir prendre une photo. En 2006, j'ai fait mes premiers pas dans le monde de la photographie pendant mes weekends, mes soirées et mes vacances.

Avant d'être photographe, je suis avant tout un contemplateur. Je passe le plus clair de mon temps les yeux dans les jumelles. Ma démarche est principalement solitaire car c'est selon moi la meilleure façon de se fondre dans le monde du sauvage. Me retrouver seul dans la nature est devenu un besoin viscéral. J'aime ces moment de sérénité, où le temps semble ralentir et où j'arrive à trouver mon propre rythme avant de m'adapter à celui des animaux que je photographie. La Nature m'inspire et me fait grandir.

Aujourd'hui je comprends être clairement plus à l'aise dans la nature que dans nos villes.

La photographie est pour moi un support de partage. Par le biais de mon travail, j'essaye de traduire les émotions que je ressens lorsque je suis dans la Nature.

Merci pour votre lecture et bonne visite !

Vianney

INTERVIEW

Votre rapport avec la faune

Quel parcours jusqu'à l'animal sauvage et la photographie ?

J’ai grandi à la campagne. Mes parents ont créé une ferme dans le sud de la France et j’ai été à la fois vite isolé du monde social et entouré par la nature et ses animaux.

Ça a été un tournant dans ma vie. J’ai débuté mes observations animalières avec des pies qui venaient picorer les croquettes de nos chiens, puis j’observais les buses variables qui me fascinaient tant par leur taille que par leur comportement extrêmement farouche.

De plus en plus autonome, je découvrais le nouveau territoire qui entourait la ferme de mes parents. Les oiseaux guidaient mes ballades et j’ai vite fini à quelques kilomètres de chez nous, là où je pouvais observer de sublimes guêpiers d’Europe ou encore des coucou geais, des rolliers etc…

La photo est venue légèrement plus tard à l’âge de 12ans. Le but était de partager mes rencontres animalières et de garder en image ces souvenirs émotionnels intenses.

J’ai une formation en écologie et biologie. Enfant je rêvais d’être ornithologue. Et après avoir clôturé un Master en écologie en 2017, j’ai pu réaliser mon rêve.

Un maître à penser ? 

La photographie est quelque chose de très personnel qui se dévoile au fur et a mesure que l’on apprend à se connaitre soi même.

Dans mon parcours, énormément de personnes ont inspiré mon regard sur la nature. En premier je dirais mon grand père paternel et mes parents qui mont immiscé  très tôt dans le monde de la campagne.

J’ai ensuite été très inspiré par les grands noms de la photo qui paraissaient dans les magasines. Une petite partie d’entre eux m'ont montré que la photo ne devait pas se standardiser et devait rester libre et personnelle.

Après de nombreuses années à me chercher autant personnellement que photographiquement, j’ai lentement dirigé mes perspectives et mes images vers le style qui me plaisait le plus. Mes amis et certains de mes professeurs m'ont aussi beaucoup inspiré.

Mais si je devais citer une seule personne, ce serait surement mon grand père paternel, Henri Goma, avec qui j’ai passé énormément de temps dehors.

Une œuvre marquante ?

Surement les livres de Paul Geroudet qui vont au delà de la simple identification des oiseaux. Ce sont de vraies immersions poétiques.

Une belle rencontre / émotion avec la faune  ? 

Ma rencontre avec une fouine à quelques kilomètres de la ferme de mes parents.

Un moment furtif, un animal sublime, et une émotion incomparable qui a scellé à vie mon amour et mon émerveillement pour la nature sauvage.

 

Si j'étais un animal sauvage ?

Je serais un dinosaure, surement le Liopleurodon sur lequel j’ai longtemps rêvé étant gamin. J’ai éte passionné par les dinosaures toute mon enfance !

Et si cela devait être un animal existant, je serais un bigorneau breton !

Un animal disparu qui reviendrait ?

L’hippopotame nain de la planeze de Saint-Flour

Un animal fantastique qui existerait ?

Les Sylvains ou Kodama du dessin anime Princesse Mononoke.

 

Photographie animalière

Votre photo à laquelle vous tenez particulièrement ?

Celle du Grand tétras qui chante en haut d’un superbe vieux Pin norvégien. Cette image réunit tout ce que j’aime, un animal sublime, une atmosphère magique, un cadre sauvage et naturel, beaucoup de travail de terrain et une seule et unique réussite après beaucoup d’échecs.

La photo animalière d’un confrère que vous auriez aimé prendre ?

La photo du pote Jérémie Villet des deux Mouflons de Dall qui se battent dans le grand froid canadien le tout dans cette ambiance ultra onctueuse et onirique.

Une tuerie quand même… Mais faut pas le dire trop fort.

Et la technique : frein ou atout ?

C’est clairement un frein en ce qui me concerne. Je suis très mauvais technicien. J'aime essentiellement vivre des émotions dans la nature.

La photographie et la technique me freinent régulièrement, voire en permanence.

Les jumelles c’est la vie !

Votre « terrain de jeu » préféré ?

Difficile à dire honnêtement.

Il y a bien un endroit tout au nord du Yukon dont je me lasserais difficilement… Mais globalement, tout ce qui se rapporte aux vieilles forêts avec des mousses, des lichens et des vieux arbres.

J’adore les montagnes aussi, et surplomber les paysages avec mes jumelles autour du cou c’est le pied !

Le voyage à faire absolument avant que le rideau de l’obturateur ne se ferme définitivement ?

Celui de l’introspection.

Celui que l’on commence dans le besoin de plus de liberté, et qu’on ne finit jamais. Il peut se faire dans n’importe quel milieu tant que l’on se sent à l’aise avec ce qui nous entoure.

Des conseils ?

Je me sens pas assez légitime pour donner des conseils à quelqu’un en photo.

Mais de manière générale dans un rapport avec la nature, j’aime dire qu’il vaut mieux potasser les bouquins et en apprendre sur les espaces et les espèces avant de foncer tête baissée vers un fantasme animalier.

La connaissance nous amène à la compréhension, la compréhension au respect puis à l’amour, et l’amour à l’émerveillement.

Bien entendu, il faut en parallèle aller dehors le plus possible pour compléter et faire fleurir ses connaissances.

 

Biodiversité

Des urgences ? 

Clairement aujourd’hui tout devient une urgence. A commencer par notre alimentation et nos choix de vie.

Une économie circulaire locale me parait tellement très sensée. Aller vers l’essentiel et limiter les achats compulsifs superflus.

Acheter d’occasion me parait être aussi une bonne démarche très faisable à notre échelle.

Une association de protection à mettre en avant ?

Toutes les associations de protection de l’environnement me semblent vraiment essentielles.

Pour cette interview, je mettrais en avant deux associations ; celle de Kokopelli qui se consacre a la production de semences et de plantes issues de l’agro-écologie et celle de "Nous voulons des coquelicots" qui se bat pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

Une suggestion pour sensibiliser le grand-public ?

Aimons ensemble notre environnement pour mieux le protéger.

Plutôt optimiste ou pessimiste pour la suite ?

Question difficile. J’ai été longtemps pessimiste car j’avais souvent de la haine envers l’homme et ses actions dévastatrices sur la nature.

Mais avec le temps j’ai compris qu’il n’y avait aucun interêt pour personne de garder cet état d’esprit.

La haine n’engendre que la haine. L’espoir fait vivre, et tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie. Je suis du coup beaucoup plus optimiste qu’avant.

 

Pour conclure ?

Merci pour cette interview et je vous souhaite de belles rencontres dans la nature, dans le respect et l’amour de ce qui nous entoure.

DISTINCTIONS

Grand Prix du Festival de Montier 2020

Lauréat du festival de Marais de Séné 2017

Vogelwarte 2016

Salon de l'écologie 2016

Montier en Der 2012

Festimage 2011

 

 

 

 

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