Photographes animaliers

ISSELEE Eric

Éric voit le jour en 1966 dans la région bruxelloise. Son père, spécialisé dans les prises de vue aériennes, lui transmet le gène de la photo. Il choisit quant à lui de se consacrer au portrait d’enfants, en noir et blanc.

Il développe sa technique et étend progressivement son activité. En 2004, à la tête d’un studio qui compte une dizaine de collaborateurs, il décide d’élargir son champ de vision et de revenir a une de ses occupations d’adolescent.

Passant du monde des lumières à celui des luminaires, il imagine, sculpte, donne forme et vie à des centaines de luminaires qu’il expose en Belgique, en France, en Angleterre ou dans son propre atelier.

En 2006 parallèlement à ses nombreuses activités, il crée Life on White. Aujourd’hui, ce studio de photographie animalière sur fond blanc occupe plusieurs collaborateurs et gère plus de 35.000 images de 1.500 espèces. Life on White est devenu la référence mondiale dans ce domaine.

Insatiable, Eric poursuit son travail créatif et la recherche de sujets particuliers. Son travail personnel présente des collections aussi variés que Mvua avec ses animaux photographiés sous la puie , Fractanalograff avec ses graffitis transformés en mandala, Ice avec ses images abstraites d’eau gelé et ses luminaires tantôt créés à partir de bois, d’acier ou de chute de verre.

Sa vie se partage entre son atelier, son studio, des voyages à répétition aux quatre coins du monde et son lot de rencontres.

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Entretien avec...

Quel cheminement personnel jusqu'à l'animal sauvage ?


Vers dix ans j'ai reçu mon premier appareil photo. Je me suis acharné les heures qui suivirent à photographier les fleurs et les insectes qui m'entouraient.

Pour l'anecdote : une semaine après avoir déposé les bobines au labo, quel ne fût pas ma surprise lorsque je m'aperçu qu'aucun de mes sujets n'était sur mes photos ! Il y a avait bien de l'herbe, des branches, des fleurs floues mais rien de ce que j'avais pris pour cible. C'était vers 1976, le boitier était en plastique bon marché, pas de visée reflex et un grand-angle comme optique. Le viseur était situé sur le coin supérieur droit du boitier. Comme j'avais voulu photographier des petits sujets, je m'étais tellement rapproché pour avoir un bon cadrage que les sujets étaient devant le viseur mais pas devant l'objectif !

Mon père, photographe, me donna ma première leçon sur les viseurs, la parallaxe et surtout les erreurs de parallaxe !
 Dix ans plus tard je devenais photographe mais ce n'est que plusieurs années plus tard que je croisais à nouveau le monde animal. D'abord en studio, ensuite en visitant le Masai Mara et le Serengeti, je refis connaissance avec ce qui fût mon tout premier sujet...

Un maître à penser ?


Je trouve vraiment admirable toutes les personnes qui consacrent leur vie, leur existence, au bien-être animal, à leur protection. La plupart sont totalement inconnus, ça ne les intéresse d'ailleurs pas du tout, qu'ils travaillent à la SPA d'un petit village en France, ou dans un coin absolument perdu sur le continent africain leur volonté de bien faire et leur problème sont les mêmes.

Une œuvre marquante ?

Genesis de Sebastião Salgado, 8 ans de travail, un seul objectif !


Si j'étais un animal sauvage ?


Un léopard, super prédateur, élégant, gracieux, discret.

Une belle émotion ou rencontre avec la faune ?

Deux moments. Le premier lors d'un voyage où j'accompagnais des chercheurs à la recherche de baleines et de dauphins dans la méditerranée, nous avons rencontré deux roquals qui se reposaient et se laissaient aller par les flots. Les chercheurs ont décidé de sortir le zodiac pour se rapprocher. Il restait une place, il fallait un volontaire...quelques minutes plus tard notre petit embarcation se trouvait à quelques dizaines de mètres du deuxième plus grand animal vivant. L'émotion était déjà grande mais incomparable au moment où le cétacé est passé sous notre insignifiante esquif. Ce qui m'a impressionné le plus c'est le silence et la grâce avec la quelle cet animal, cette masse, se déplace.


Le deuxième, lors d'un voyage pour rencontrer les gorilles des montages en RDC.
 Tout d'abord la marche dans une forêt primaire, c'est très impressionnant, la nature comme si l'homme n'y avait jamais été et n'y était jamais intervenu. Vient ensuite la rencontre avec une famille de gorilles. Le mâle dominant était assis dans une place relativement dégagée, tout son corps était visible, ce qui est rare vu la densité de la végétation. Il semblait littéralement poser pour moi. Ça a duré 5 minutes. La meilleure photo du voyage avait été prise dans les 5 premières minutes d'observation.


Un animal disparu qui reviendrait ?


Les mammouths. On y est presque ! 


Un animal fantastique qui existerait ?


Un dragon, c'est fantastique !


La photo ou la série à laquelle vous tenez particulièrement ?


Mvua, cela signifie Pluie en swahili. Les animaux sont photographié uniquement sous la pluie. Bien qu'il ne pleuve pas beaucoup sur cette image, j'aime particulièrement le portrait du lion qui vous regarde droit dans les yeux.
J'adore cette photo car elle parait extrêmement simple au point qu'on pourrait croire que n'importe quel lion pourrait faire l'affaire.
En réalité elle représente assez bien ce qu'est une photographie, un très très bref instant rempli de magie et d'émotion, extrêmement bien équilibrée.

Lion Staring

De ce lion j'ai du faire une centaine de photos mais il n'y en a qu'une seule où le regard est parfait, où l'inclinaison de la tête est parfaite, où l'ensemble est parfait.
Chaque fois que je croise un lion je passe un peu de temps à essayer de faire son portrait. J'essaye d'avoir un regard dans la caméra, j'aime photographier les animaux quand ils regardent la caméra, mais jamais je n'ai retrouvé un si bel équilibre, un si beau regard...


Spot préféré ?


Le Serengeti en Tanzanie dans les lieu semi-dégagé comme dans le centre, autour des Kopje. Le Tarangire sans les mouches....


Plutôt solitaire matinal pour profiter du moment ou accompagnateur de groupe pour partager ?


Matinal et du soir à la fois. Je profite chaque jour du lever et du coucher du soleil...Ça fait de très longues journées.
Je n'ai jamais accompagné de groupe. Ce n'est pas l'envie qui manque mais l'opportunité ne s'est simplement pas encore présentée ! 


Un lieu mythique ?


D’innombrables endroits où je ne me suis jamais rendu et en particulier l'Islande, le lac Baikal,
le Kamtchatka et j'en passe....


Et la technique ?


Au niveau matos ; j'utilise 3 boitier Nikon D810. Les focales varient entre 24 et 500mm.
Il est nécéssaire de maîtriser parfaitement la technique et de pouvoir manipuler son boitier les yeux fermés, sans réfléchir, instinctivement. Les instants à photographier sont très fugaces. La belle image disparait instantanément, aussi vite qu'elle est arrivée.


Des urgences ?


Trop ! 
Sensibiliser tout un chacun sur les petits gestes du quotidien. Il ne faudrait pas attendre que les gouvernements interdissent les sacs en plastique pour que les gens ne les utilisent plus...Je suis choqué de voir des gens prendre un sac pour un seul objet alors que la plupart du temps, ils ont un sac à mains, des poches, ou pourraient se servir de leur main !


Des conseils ?


- Faire ce qui vous plait.


- Ne jamais renoncer même après plusieurs erreurs. C'est comme ça qu'on apprend.


- Développer sa propre technique et sa propre vision. 


Une association à mettre en avant ?


Le parc des Virunga. Pour y avoir été et pour avoir partagé une dizaine de jours le quotidien des rangers, je peux vous dire que ce sont des gens extraordinaires, entièrement dévoués à la protection de leur forêt et à la multitude d'animaux qui y vivent. Le plus connu et le plus en danger étant le gorille des montages.

Une suggestion pour aider à sensibiliser le grand-public ?

Il y a 7 milliard de vous. Si vous économisez juste une goutte d'eau c'est 7 milliard de gouttes d'eau qui peuvent être économisées.


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