Photographes animaliers

JOIN Cédric

Spinalien d’origine, Cédric Join vit la nature comme une véritable passion. Depuis qu’il sait marcher tout l’y intéresse et sa jeunesse passée à deux pas de la forêt Vosgienne y est certainement pour quelque chose.

Il a découvert la photographie au début des années 2000. Il comprit, assez rapidement, qu’il venait de trouver le moyen non seulement d’allier l’art à la technique mais aussi de partager avec sa famille, dans un premier temps, puis avec les autres ses découvertes naturalistes.

Autodidacte, son jardin est vite devenu son laboratoire. C’est d’ailleurs avec la macrophotographie, plus abordable à tous points de vue, qu’il a pris goût aux faibles profondeurs de champ. Puis, bien que non exclusive, sa passion les oiseaux s’est vite rappelée à lui. Aujourd’hui, il affectionne particulièrement la pratique de l’affût flottant qui permet des images au ras de l’eau sans déranger la vie des étangs.

Adepte du minimalisme et des belles lumières, la biographie de Cédric ne peut se terminer sans ajouter qu’il voue une réelle admiration pour les photos et photographes des grands espaces

 

INTERVIEW

Votre rapport avec la faune

Un maître à penser ? J’ai eu beaucoup d’espoir lors de la nomination de Nicolas Hulot au gouvernement. Puis, au cours du temps, j’ai été déçu. Enfin, j’ai été très énervé lors de sa démission surtout lorsqu’on a en donné le déclencheur. Si je pouvais lui signifier mon soutien avec ces quelques mots … ce serait génial J.

Une œuvre marquante ?  Je fais référence à deux œuvres récentes.

J’ai vraiment beaucoup aimé la série « Our planet », visible sur Netflix en ce moment. Les images sont époustouflantes et au travers des making off, on se rend bien compte qu’il s’agit de « vraies images » de nature (pas des animaux dressés …).

L’épisode avec le tigre de Sibérie est à pleurer (je l’ai fait …).

Je m’autorise une deuxième œuvre. J’ai découvert, il y a un peu plus d’un an, les récits audios d’un photographe que j’admire, Jérémie Villet, et j’ai trouvé ça absolument génial. Son talent ne s’arrête pas à la photographie, quel magnifique narrateur !!!

Une belle rencontre / émotion avec la faune  ?  Je crois que ma première rencontre avec le martin pêcheur a été l’élément déclencheur de cette passion, maintenant dévorante, pour la photo animalière.

Je ne m’attendais vraiment pas à trouver une telle beauté à 200m de chez moi.

Il a pas mal monopolisé mon attention à mes débuts et j’ai beaucoup appris grâce à lui.

Si j'étais un animal sauvage ?  Le lynx pour la lutte liée sa réintroduction dans les Vosges.

Un animal disparu qui reviendrait ? Le mammouth pour l’opposition avec le réchauffement climatique.

Un animal fantastique qui existerait ? Les lutins pour le rôle qu’ils jouent dans les pays nordiques qui me font rêver.

Photographie animalière

Votre photo à laquelle vous tenez particulièrement ?  Pouafff, question toujours difficile car plusieurs pourraient répondre à la question pour des raisons différentes : émotion, quête, rareté, difficulté, beauté, originalité, …

Je vais cependant rester sur la petite chouette des montagnes (j’ai d’ailleurs une expo qui tourne sur le sujet).

Contrairement à ce que certains peuvent penser, je n’ai pas abusé de la repasse et la bonne vingtaine de belles images que je collectionne sont issues de 5 années de passion. 

La photo animalière d’un confrère que vous auriez aimé prendre ? Je ne pouvais pas rédiger cette fiche sans écrire le nom de Vincent Munier. En plus, il est Vosgien et nous partageons, sans nous croiser (malheureusement L), les mêmes terrains de jeux.

Je suis fan depuis toujours et je dois dire que cette image de loup arctique m’a vraiment scotché. Je sais, un grand classique …

Et la technique : frein ou atout ? Si la technique c’est connaître son matériel et en particulier ses limites alors je pense que c’est un réel atout. Par exemple, il me semble indispensable d’être en mesure d’effectuer des réglages dans le noir complet et sans bruit.

Tout photographe animalier flirte constamment avec ces limites et certaines de mes images sélectionnées dans ce qui suit sont réalisées au 30eme de seconde avec un 600mm (tout ce qu’il ne faut pas faire).

En revanche, si la technique c’est suivre scrupuleusement les règles que l’on enseigne dans tous les clubs/forums/cours photos alors je pense que c’est un frein.

Je fais par exemple référence aux règles de composition qui musellent l’artiste à la recherche d’images originales.

Votre « terrain de jeu » préféré ? Franchement j’aime tout mais dans ma région (la lorraine), c’est la saison qui définit l’intérêt du terrain.

Pour simplifier les choses, printemps : c’est affut flottant, été : c’est prairie et fenaison, automne : c’est forêt et hiver : tu ne peux rien faire (ça rime) car la chasse est partout et les animaux très craintifs.

J’ai également eu la chance de voyager un peu (arctique et forêt tropicale) et la photo animalière est tellement plus simple à l’étranger que c’en est déprimant.

Le voyage à faire absolument avant que le rideau de l’obturateur ne se ferme définitivement ? L’antarctique me plairait bien mais je crois que c’est tout simplement inatteignable pour un particulier amateur. Les pygargues de Steller aussi en Russie … et …. Non j’arrête ;-)

Des conseils ?  Je ne vais pas être original, les maitre-mots sont patience et respect. Personnellement j’utilise beaucoup les jumelles et mes photos sont très largement travaillées en amont. 99% de mes photos sont « home made ».

A titre d’exemple, j’ai construit moi-même mon affut flottant, j’ai cherché plusieurs années un site intéressant et j’ai rencontré le propriétaire pour avoir l’autorisation de pratiquer. C’est long mais je travaille dans les règles.

Seules exceptions à ce qui précède : les voyages au Costa-Rica et Islande où j’étais accompagné par d’excellents guides respectueux de la nature.

Je ne suis pas fan des affuts « tout organisé » avec nourrissage car les images qui en sont issues n’ont pas la même saveur/originalité. Quoi de plus satisfaisant que de tout faire soi-même et je crois que c’est l’essence même du photographe animalier.

Biodiversité

Des urgences ?  Climat, déforestation, braconnage, … tout y est ;-)

Deux sujets me touchent cependant de prêt.

  • Le premier est la chasse. Je ne suis pas un « anti » mais je rencontre de plus en plus de difficultés à partager la nature avec eux.

        On est face à des énergumènes qui n’y connaissent rien et qui imposent leurs lois à tous pour     assouvir une passion macabre, inutile et dévastatrice.

        Le cas « renard » est un exemple révoltant. Un petit « coucou » au collectif Renard Grand Est et à Franck Vignat en passant ;-). Profitons des urnes pour voter « vert » et ainsi contrecarrer le pouvoir des lobbys de la chasse mieux organisé et financé.

  • Le deuxième sujet est la chenille processionnaire qui a causé d’énormes dégâts dans la forêt proche. L’été dernier a été un enfer chez moi, d’autant plus que ma sensibilité aux poils urticants n’a fait que s’accroitre.

         Au-delà de ma personne, de nombreux animaux ont largement souffert. Le chat forestier qui, comme tous les chats, se lèche, a été particulièrement atteint. Il est devenu rare alors que j’en rencontrais régulièrement.

        J’espère sincèrement que l’été dernier était le sommet du cycle. La diminution des passereaux, qui en sont les prédateurs naturels, est un clairement un facteur aggravant. Qu’attendons-nous pour interdire les insecticides ?

Une association de protection à mettre en avant ? Je veux rester local, je connais relativement bien deux associations avec qui j’ai des liens sur des sujets différents : LOANA (http://www.lorraine-association-nature.com) et NEOMYS (http://ecologie.nature.free.fr/pages/dossiers/Dossier%20N%E9omys/Dossier_Neomys.htm).

Ils sont supers …

Une suggestion pour sensibiliser le grand-public ? Beaucoup de choses sont déjà faites. Discuter autour de soi et surtout défendre ses convictions sans craintes. De toutes les façons, ce sont les défenseurs de la nature qui ont raison ;-).

Plutôt optimiste ou pessimiste pour la suite ? Plutôt pessimiste car rien ne bouge à la vitesse nécessaire.

Pour conclure ?

Tout d’abord, je remercie Faunesauvage.fr pour la tribune.

Cela me désespère mais il faut avouer qu’assouvir une telle passion en France, pour les raisons évoquées, ressemble de plus en plus à une mission impossible. Je suis déjà allé dans les pays du nord et je ne cache pas mon attirance grandissante.

Je me suis maintenant équipé d’un camping-car (relativement éco-citoyen) depuis 2 ans. Après la visite de la Hollande du nord, l’Allemagne du nord et le Danemark, je prends doucement mes marques mais je souhaite de plus en plus partir à l’aventure.

Si les présents lecteurs ont des suggestions qu’ils n’hésitent pas à me contacter. Je suis d’ailleurs également à la recherche de compagnons d’aventure partageant la même passion.

DISTINCTIONS

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Je réalise, en général, 2 à 3 expositions par an. Pour l’instant, pour 2020, deux sont déjà programmées : à Vézelise (54) 27 et 28 juin, à Cornimont (88) du 21-24 mai.

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