Photographes animaliers

MAGNIN Daniel

On s'est croisés par téléphone, en parlant Bourgogne, île de Ré...et nature bien sûr. Quelques bribes échangées qui ont montré que Daniel avait à dire et à montrer.

C'est fait : voici le portrait d'un prof devenu photographe de nature; c'est à peu près la même démarche : la pédagogie!

Rencontre!

 

                          dans les marais de Ré

 

Actualité : Exposition "Libellule" du 9 avril au 26 juin 2022, Pavillon du Milieu de Loire, Pouilly-sur-Loire (58)

Ouvrages : "Ma vie de libellule", avec Alain Cugno, aux Éditions de La Salamandre

INTERVIEW

Votre parcours? Né en 1957, je débute la photo nature relativement tard, à l'âge de 33 ans. Je suis alors instituteur, métier que je quitterai  progressivement  pour me consacrer à la prise de vue et à la rédaction d'articles pour la presse magazine, notamment pour Chasseur d'Images et Nat'Images, revues dans lesquelles j'ai publié, jusqu'en 2012, plus d'une centaine d'articles sur la pratique de la photo animalière et de nature.

Vos actions en cours et à venir? Ces dernières années, j'ai consacré beaucoup de temps à photographier les libellules, cherchant à couvrir leur cycle de vie par des images à la fois esthétiques et didactiques. Je préfère dorénavant traiter peu de sujets, mais de façon approfondie, sur le long terme. Après l'exubérance des libellules (sujet que je continuerai cependant d'enrichir), la discrète vie nocturne des mammifères pourrait être mon prochain centre d'intérêt.    

Une œuvre marquante? Son apport dans votre itinéraire ? Côté technique, "La photographie animalière" de Jean-Philippe Varin, publié en 1982, était à l'époque (celle de la photo argentique, sans internet, sans réseaux sociaux...) une mine d'informations et d'astuces, avec beaucoup de photos, de dessins, de schémas. Paradoxalement, ce livre m'a tout d'abord découragé, la photo nature m'y apparaissant nécessiter toutes sortes de dispositifs, parfois complexes. Avant de comprendre qu'il suffit d'un boîtier et d'un objectif pour se lancer... 

Mais le livre qui m'a le plus inspiré à mes débuts est "Couleurs Nature" de Thomas D. Mangelsen, publié en 1992. Un très beau livre, mais aussi, à travers sa grande diversité d'images, un véritable "cours" sur la composition, la lumière, le choix de l'instant... C'est dans ce livre que j'ai compris qu'on pouvait en quelque sorte "refaire le monde" à sa convenance, en le découpant en rectangles dans un viseur.

Pourquoi cette attirance pour le sauvage ? Elle remonte certainement à l'enfance, passée dans une ferme. La plupart des animaux que je côtoyais n'avaient pourtant rien de sauvage, mais il y avait l'effraie du pigeonnier, la fouine du grenier, les souris de la cave… Et mon empathie pour la vie animale, qu'elle soit sauvage ou domestique, s'est également nourrie, enfant, de deux livres de Jack London, "Jerry dans l'île" et "Mickaël, chien de cirque". On n'en sort pas indemne! Et qui sait si la lecture assidue des aventures de "Sylvain et Sylvette" - ces deux enfants qui vivaient dans une chaumière en pleine forêt avec leurs animaux et qui devaient déjouer les plans des leurs ennemis, les quatre compères : l'ours, le loup, le renard et le sanglier - ne m'a pas également influencé?

Votre plus belle rencontre avec la faune sauvage ? Un soir d'octobre, en forêt de Chatillon-sur-Seine (Côte d'Or), je revenais d'un affût lorsque j'ai aperçu au loin, dans la pénombre, une biche et son faon au bord de l'allée forestière. En avançant le plus silencieusement possible, j'ai fini par atteindre un endroit d'où je voyais les animaux se découper en ombres chinoises sur le ciel. L'instant était magnifique! Cette photo est très ancienne, mais les milliers d'images qui lui ont succédé n'ont pas effacé le souvenir de cette rencontre.

Vos lieux de nature préférés ? Rivière, étang, marais… j'aime quand il y a de l'eau.

J'aime aussi la forêt… et encore davantage quand je peux la parcourir en suivant un ruisseau!

Si vous étiez un animal sauvage ? La réponse découle de ce qui précède : un animal pour qui l'eau est un élément important. Je pense par exemple au Cincle plongeur, oiseau auquel j'ai consacré beaucoup de temps.

Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ? Les Îles Galápagos, dans les pas de Darwin…

L’œuvre qui vous semble symboliser le mieux votre parcours ? Je n'aurai pas la prétention de dire que leurs œuvres symbolisent mon parcours, mais j'ai de l'admiration pour des auteurs comme Paul-André Robert, Jean Rostand, Robert Hainard, Jean-Henri Fabre… Naturalistes, mais aussi écrivains et/ou artistes!

Robert Hainard

Quel matériel et quelles techniques utilisez-vous? Mes boîtiers sont des reflex Canon 7D M II  et 5D M III. Comme je me suis intéressé à des sujets très divers (faune principalement – des insectes aux grands mammifères – mais aussi flore et paysages), je dispose d'une large gamme d'objectifs qui va du 16 au 500 mm. Et j'ai donc utilisé de multiples  techniques : approche, attente camouflée, affût terrestre, affût flottant…

Un conseil au débutant dans votre activité ? Commencer avec le matériel dont on dispose, même basique, car on peut faire de très bonnes images d'insectes sans un 100 mm macro et un 500 ou 600 mm n'est pas indispensable pour photographier les oiseaux ou les mammifères.

Se documenter. Ouvrages, publications, internet… permettent de découvrir des comportements que l'on n'a pas encore observés, ce qui élargit le champ des possibilités photographiques. Inversement, se documenter permet d'éclairer une scène déjà remarquée mais à laquelle on n'avait pas prêté grande attention, faute d'avoir su l'interpréter. En procédant ainsi, on augmente les chances d'être au bon endroit au bon moment et de produire des images qui “racontent une histoire”. Et plus on connaît une espèce et son milieu, plus on évite de provoquer, par ignorance, un dérangement.

Un animal disparu revient, lequel ? Voir revenir les Verdiers, que j'observais fréquemment chaque hiver et que je n'ai pas revus depuis plusieurs années, ce serait déjà bien!

Verdier/letransfo.fr

Une urgence pour la faune sauvage ? Difficile de choisir entre toutes les urgences…

Arrêter la destruction des animaux dits "nuisibles", arrêter la vènerie sous terre…

Protéger les milieux naturels par l'acquisition d'espaces, comme le fait l'ASPAS avec les "Réserves de Vie Sauvage"…

Une initiative prise en faveur de la faune sauvage? Avec quelques ami.e.s naturalistes, au sein de la Société d'Histoire Naturelle du Creusot, nous menons depuis 2012 une opération de protection des amphibiens aux abords d'un étang à l'époque des migrations. Par ramassage manuel les premières années, puis depuis 2014 par la mise en place d'une déviation des automobilistes durant les nuits de février et mars.

Une association qui vous tient à cœur ? L214, pour sa lutte contre les cruelles pratiques d'élevage et d'abattage.

Pour conclure, vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme message aux autres ? Le titre d'un livre de l'éthologue Frans de Waal, que je viens de lire :

"Sommes-nous trop "bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux?"

DISTINCTIONS

Trois fois lauréat du concours Wildlife Photographer of the Year

 

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Exposition "Libellule" du 9 avril au 26 juin 2022, Pavillon du Milieu de Loire, Pouilly-sur-Loire (58)

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