Dans le dernier Salamandre, L’édito de Julien Perrot : une photo spectaculaire, mais pas à tout prix !

Dans un monde qui n’a jamais autant photographié une biodiversité pourtant en déclin, Julien Perrot, fondateur de La Salamandre, lance un appel aux photographes animaliers pour qu’ils s’assurent de respecter le vivant qu’ils immortalisent.

Le printemps qui revient donne envie de sortir tous les jours pour faire plein de belles découvertes. Et parfois de les immortaliser. Les spectaculaires avancées technologiques des vingt dernières années ont en effet rendu la photographie animalière accessible à chacun. Paradoxalement, nous n’avons jamais été autant submergés d’images de nature, tandis que nos campagnes continuent de se vider de leurs fleurs, de leurs insectes et de leurs oiseaux. C’est très étrange…

Certains photographes participent à ce déclin par méconnaissance ou par indifférence. Dans les Alpes, la première raison d’échec de nichée chez les gypaètes barbus, c’est le dérangement de ceux qui veulent à tout prix un cliché spectaculaire. Un peu partout, les exemples de comportements problématiques se multiplient. La possession d’un gros téléobjectif n’allant manifestement pas toujours de pair avec la connaissance des précautions indispensables et avec un minimum d’empathie pour ses sujets. C’est aussi ce que Didier a appris au jeune Léo dans notre film sur le loriot.

Clairement, dans une nature assiégée de toute part, l’émerveillement et surtout le respect doivent primer sur l’image. C’est ce que je nous souhaite à tous pour ce beau mois d’avril et au-delà.