Maudit gazon puisqu’on ne plus inverser la proposition sans être suspecté, qui plus est quand on veut commencer une tribune par « Quoi de plus con qu’un gazon ? ». Les soupçons mal placés car les statistiques sont sans pitié : même s’il arrive à des femmes de tondre le gazon, ça reste l’activité préférée des hommes. C’est un tondeur repenti qui vous le dit. Il faut être une machine pour être une tondeuse. Le tondeur pousse la tondeuse, jamais l’inverse.
Quoi de plus avec qu’un gazon ? « Un gazon synthétique » répond aux plus effrontés d’entre vous. C’est un peu court les amis… C’est plat un gazon. Le gazon, en voilà un sujet pour les sciences sociales, et en premier lieu la psychologie.
Plus il est coupé court, plus il est con, le gazon. Dessus, pas la file d’un papillon ni l’ombre d’un bourdon. Dessous pas l’ombre d’une taupe ou la tête d’un campagnol.

Afin d’obtenir une nappe verte d’une platitude égale au niveau du quotient intellectuel d’un colleur d’affiche du RN, il faut préalablement préparer le terrain. C’est-à-dire enlever tout ce qui dépasse, tamiser, niveler, semer, rouler et enfin arroser. Arroser copieusement, mais pas trop souvent. C’est un expert bien nommé, non pas Marcel Robinet mais Hubert Fontaine, qui nous l’explique : https://www.youtube.com/watch?
Les planètes les plus arides n’ont rien à envier au gazon de fin juin.
Attention, avant cela, on ne plante pas n’importe quoi. Que des graminées en rangs serrés qui ne laisseront rien passer d’autre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lolium_arundinaceum
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ray-grass_anglais
https://fr.wikipedia.org/wiki/Festuca_ovina
Avec 80% de semences qualifiées de « pures », on se demande ce que sont les 20% de semences impures qui abreuvent nos sillons… Comble d’ironie, les vendeurs proposent des gazons soi-disant « écoresponsables » !

On voit en effet une flore et une faune nombreuses qui s’ébattent dans cette prairie diversifiée… Coquelicots et autres bleuets circulez, il n’y a rien à voir !
Un sondage sur le rapport « qu’entretiennent » les Français avec le gazon -mais oui ça existe- commandé par les professionnels de l’horticulture à BVA nous en apprend des vertes et des bien rases. 69% des Français disposent d’un jardin comprenant une pelouse ou un espace en herbe. 28% des Français ont refait leur pelouse il y a moins de 5 ans et 44% compte la refaire d’ici 3 ans. Soit un total de 72%. Contrairement à ce qu’affirmait un célèbre général dont le nom nous échappe, les Français ne sont pas des veaux mais des moutons, connus pour être plus « limités » intellectuellement que le petit de la vache : « 85% des personnes interrogées sont déjà convaincues de l’impact positif du gazon / des pelouses sur la préservation de l’environnement ! ». Car le gazon capte le CO2 et rejette de l’oxygène en masse bien sûr. Pourquoi s’embêter à essayer de sauver la forêt amazonienne quand un immense gazon suffirait à la remplacer ? En revanche, « Seuls 28% des Français savaient déjà qu’en période de forte chaleur, la pelouse rafraichit l’atmosphère de 6 à 8 degrés, quand 62% ne connaissaient pas cette vertu de la pelouse et en sont agréablement surpris » (ah les cons !). : https://www.valhor.fr/actualites/gazon-usages-et-attitudes-des-francais
Ce que ne disent pas les maniaques du tatami vert, les obsédés de la « mauvaise herbe », ce sont les victimes de guerre indirectes et directes de leur acharnement. Les victimes indirectes sont les insectes pollinisateurs en premier lieu. Mais aussi toute la petite faune qui aurait pu y trouver ombre et fraicheur. Parmi les victimes directes on compte tous ceux qui passent à la moulinette de leurs engins de guerre comme en témoignent les centres de soins pour la faune sauvage (attention les images qui suivent peuvent heurter les jeunes et moins jeunes lecteurs !)
Hérissons, tortues, reptiles… toutes ces « gueules cassées » sont les premières victimes des tondeuses. Elles sont loin d’être les seules, les insectes, batraciens, rongeurs et autres gastéropodes n’arrivant pas dans les centres de soins https://www.reseau-soins-faune-sauvage.com/faune-sauvage-en-detresse/jai-trouve-un-animal-en-detresse/trouver-un-centre-pres-de-chez-moi/
C’est encore pire avec les tondeuses robots qui, d’après les plus récentes analyses psychologiques, ne semblent montrer aucune sensibilité https://www.florenville.be/ma-ville/environnement/animaux/les-herissons-victimes-des-robots-tondeuses




