Les associations animalistes dénoncent une collecte de sperme alors que la direction explique qu’il s’agit d’apaiser les tensions dans le bassin où deux orques, mère et fils, se trouvent toujours.
Deux soigneurs en train de stimuler sexuellement l’orque Keijo du Marineland d’Antibes : la vidéo captée par drone et diffusée par le collectif Tide breakers a placé le célèbre parc marin de la Côte d’Azur – qui a fermé en janvier – au cœur d’une nouvelle polémique.
Selon les militants animalistes, cette pratique vise à collecter le sperme du cétacé afin de le revendre à un autre parc étranger, qui l’utilisera pour une reproduction artificielle. «C’est l’un des petits secrets honteux de l’industrie de la captivité», dénonce Tide breakers, un groupe de protection animale canadien.
Les images, datées du 12 août, sur lesquelles on voit un employé tenir la nageoire de l’orque pendant que l’autre le stimule sexuellement, attestent de l’acte. La direction du zoo marin antibois ne l’a d’ailleurs pas démenti. Elle conteste en revanche la version des associations sur sa finalité. Il s’agit, selon le parc, de faire «baisser les tensions» dans le bassin où Keijo (11 ans) se trouve toujours avec sa mère, Wikie (24 ans). Ces deux géants noir et blanc sont chacun nés en captivité à Antibes (Alpes-Maritimes), où le parc avait ouvert en 1970.
«Éviter des rapports consanguins»
«Keijo arrive à l’âge de l’adolescence avec des pulsions sexuelles fortes. Afin d’éviter des rapports consanguins avec sa mère mais également afin d’éviter qu’ils se battent et se blessent, Marineland a décidé de stimuler sexuellement Keijo», explique la direction au Figaro. «Bien que spectaculaire, cela est naturel et totalement indolore pour les animaux», poursuit-elle.
Si la vente de semence est interdite, l’exportation reste autorisée mais soumise à l’accord des autorités françaises compétentes. Dans ce cas, aucune demande en ce sens n’a été formulée, nous assure-t-on.
«Abject mensonge», s’est indigné One Voice, en première ligne sur le cas de Marineland depuis des mois. «Les delphinariums médicalisent orques et dauphins pour contrôler la reproduction. Wikie a vécu avec son frère et ses deux fils sans accouplement, leur objectif, c’est l’argent», poursuit l’association sur ses réseaux sociaux.
Casse-tête
Depuis la fermeture du Marineland d’Antibes, le départ des deux dernières orques et de la dizaine de dauphins restants vire au casse-tête. Depuis que les autorités espagnoles ont refusé, en avril dernier, des transferts prévus à Tenerife pour les orques et à Madrid pour les dauphins, ces mammifères sont toujours retenus sur la Côte d’Azur et les associations ne cessent de demander l’ouverture d’un sanctuaire.
Si la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, soutient ce projet avec d’autres pays européens, cet espace en mer n’est à ce jour pas disponible et ne le sera pas avant au moins un an. Le parc a donc récemment insisté pour transférer les animaux en Espagne, à Malaga et Tenerife, en martelant l’urgence de la situation.
Le tribunal administratif de Nice a aussi ordonné une nouvelle expertise sur l’état de santé actuel des cétacés après une requête de l’ONG Sea Shepherd, qui avait proposé de payer les soigneurs pour que les orques restent temporairement à Antibes. Deux vétérinaires ont été désignés et leur rapport pourrait permettre la prise prochaine d’une décision sur l’avenir des orques et des dauphins. Une première expertise a déjà été réalisée et les conclusions relataient que les orques étaient traitées aussi bien que possibles dans les structures antiboises.
Marineland souligne l’extrême urgence de transférer les animaux afin que Keijo puisse rencontrer d’autres femelles que sa mère»
, ajoute la direction du Marineland, qui appartient au groupe espagnol Parques Reunidos. Les près de 150 autres animaux (4000 avec les poissons) avaient pu trouver d’autres points de chute avec la fermeture soudaine du parc en janvier, mais celle-ci était devenue inéluctable à cause d’une baisse de fréquentation ces dernières années.
Source : Le Figaro

