Réaction à l’acte de vandalisme contre le siège national de la LPO par la coordination rurale

Dans la nuit du 10 au 11 décembre, le siège national de la LPO, situé dans le bâtiment historique des Fonderies Royales à Rochefort (Charente-Maritime), a été la cible d’actes de vandalisme revendiqués par des membres de la Coordination rurale 17, section départementale du syndicat agricole. Les locaux des réserves naturelles de Moëze-Oléron et de la Massonne, gérées par la LPO, ainsi que les bureaux de l’ONG Nature Environnement 17 à Surgères ont également été visés. Tags injurieux, dépôt de pneus ou de ballots de paille surmontés d’une tête de sanglier décapitée : nous dénonçons fermement des pratiques d’intimidation inacceptables et indignes.

Si cette colère est compréhensible, elle se trompe d’adversaires. Les véritables responsables des difficultés des agriculteurs ne sont pas les associations de protection de la nature. Nous partageons la même exigence de préserver des sols vivants et une biodiversité indispensable à la production alimentaire ainsi qu’à la santé des écosystèmes.

Un système agro-industriel, depuis plus d’un demi-siècle, ravage nos campagnes et asservit ceux qui les cultivent. Ce modèle productiviste obsolète détruit les habitats naturels, empoisonne l’environnement avec les pesticides et enferme les exploitants dans une dépendance quasi féodale.

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : “Déjà engagée sur le terrain aux côtés de nombreux paysans, la LPO continuera à défendre une agriculture respectueuse du vivant, en refusant sa mise en opposition autodestructrice avec la nature. Nous appelons à la responsabilité et au dialogue, plutôt qu’à la violence et à la division.

FNE : la réaction

Cette nuit, les locaux de l’association Nature Environnement 17, membre du mouvement France Nature Environnement, ont été dégradés par les milices de la Coordination Rurale. Les accès ont été bouchés, des insultes menaçantes taguées sur des bâches et sur le trottoir, des affiches qui disaient en gros « ouin-ouin, les écolos, ils sont méchants » apposées. Une tête de sanglier a été déposée, menace claire dans le langage mafieux. Cette attaque est la première application concrète de l’appel à la violence et à « faire la peau aux écolos » proféré par le président de Coordination Rurale dans son discours inaugural après son élection le 19 novembre dernier.

Il est probable que l’agression dont ont été victimes nos collègues de Nature Environnement 17 soit liée à l’efficacité de leurs actions pour le respect du droit dans leur département, et notamment concernant les dossiers liés à l’irrigation aux pesticides.

L’impunité accordée par le gouvernement à ces enragés qui se vantent sur leurs réseaux sociaux de leurs agressions – hier soir, outre Nature Environnement 17, nos amis de la LPO ont également été visés ainsi qu’un député et la police de l’environnement, l’OFB -, qu’il s’agisse d’attaques contre les associations de défense de l’environnement, contre les services de l’État, contre des établissements bancaires ou mutualistes, contre des élu·es, contre des équipements publics comme des radars routiers par exemple, est plus qu’un encouragement à continuer, c’est de la complicité.

Nous renouvelons notre demande à rencontrer immédiatement la ministre de l’Agriculture et le ministre de l’Intérieur pour obtenir enfin le respect de la loi par toutes et tous et une réponse du gouvernement à la hauteur du défi posé à l’État de droit par la Coordination Rurale.