Les derniers relevés de l’Observatoire national des étiages pointent « une dégradation record » de la situation.
L’Office français de la biodiversité (OFB) alerte, lundi 3 août, sur la « situation historique et critique pour les petits cours d’eau français » et sur « une dégradation exceptionnelle de l’état de nos rivières à la fin juillet », selon un bilan arrêté au 1er août.
Les derniers relevés de l’Observatoire national des étiages (ONDE), menés partout en France par les agents de l’OFB, pointent « une dégradation record » de la situation, avec « 1 373 cours d’eau touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs (l’état d’une rivière ou d’un étang qui se retrouve sans eau)« , soit 554 cours d’eau de plus en un mois.
« Toutes les régions sont touchées »
« Avec 43% des stations touchées, il s’agit de la situation la plus critique jamais enregistrée à cette période. Elle dépasse la sécheresse historique de 2022, avec 112 cours d’eau asséchés en plus, et s’avère deux fois plus sévère qu’en 2025 »
, s’alarme l’OFB. Géographiquement parlant, « toutes les régions sont touchées, particulièrement sur un axe Vendée-Grand Est, ainsi que le centre du sud de la France ». Les secteurs les plus fragiles, selon l’OFB, sont la Creuse, la Vendée, la Loire-Atlantique, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Nièvre, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.
« Au-delà de la ressource en eau disponible, cette situation menace gravement la biodiversité et le fonctionnement global des milieux aquatiques« , prévient l’OFB. Pierre-Edouard Guillain, son directeur général délégué, détaille sur franceinfo les conséquences sur cette biodiversité. Il explique que ce sont d’abord « les poissons »qui peuvent être impactés, parce que « quand il n’y a plus d’eau, il n’y a plus de circulation. »
« Quand il y a moins d’eau, c’est une eau qui est plus chaude »
Par ailleurs, Pierre-Edouard Guillain souligne que « quand il y a moins d’eau, c’est une eau qui est plus chaude ». Il y aura donc « des espèces qui vont être sensibles au stress de la température ». Ces eaux plus chaudes ont aussi pour conséquences d’être « plus contaminées parce que moins diluées ». Elles peuvent aussi être « envahies par d’autres végétaux ». Tout cela, participe donc au fait d’avoir « un écosystème qui est complètement modifié », alerte le directeur général délégué.
Face à ces ressources en eau plus faibles, de nombreux départements ont pris des arrêtés pour limiter la consommation d’eau, comme le confirme Pierre-Edouard Guillain : « La plupart des départements sont concernés par des mesures qui vont de la vigilance à des mesures de restrictions. Ça concerne maintenant la quasi-totalité des départements », affirme le directeur. Et pour être sûr que les mesures sont bien respectées, les agents de l’OFB effectuent des contrôles. Pierre-Edouard Guillain assure que « majoritairement, il y a une bonne compréhension des règles […] On a des procédures engagées, mais ce n’est pas la majorité de ce que nous constatons ». « De manière générale, il y a un bon respect des mesures prévues parce qu’elles sont de bon sens et la situation est de plus en plus connue maintenant », conclut-il.
Source : France Info
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