Exposition

Chagall, du coq l’âne

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Date / Heure
Date(s) - 10/09/2018 - 07/10/2018
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Hôtel du Doyenné

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L’exposition Chagall, du coq à l’âne, lie jusqu’en octobre l’un des plus grands peintres du XXe siècle à la renaissance d’un bâtiment emblématique de Brioude, près de 90 ans après son seul passage en Auvergne.

«Même si on connaît une œuvre, on la redécouvre grâce au lieu où elle est exposée. On la voit dans une nouvelle lumière. Une nouvelle lecture peut être faite. Les choses ne s’arrêtent jamais. Comme pour l’Hôtel du Doyenné… »

La petite fille de Marc Chagall, Meret Meyer, tirait là un merveilleux trait entre deux destins éloignés de plusieurs siècles mais se retrouvant mariés jusqu’au 7 octobre prochain. L’Hôtel du Doyenné, bâtiment emblématique du Chapitre de Brioude, avec son incontournable plafond armorié du XIIIe, vit une nouvelle vie, d’espace d’art moderne et contemporain….

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Pour voir l’exposition. Situé place Lafayette, à Brioude, l’Hôtel du Doyenné sera ouvert tous les jours sauf le lundi matin, de 10 h 30 à 19 heures (14 à 19 heures le lundi) en juillet et août. Puis tous les jours sauf le lundi matin de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 à 18 heures, de septembre à octobre. L’exposition dure jusqu’au dimanche 7 octobre. 6 € en tarif plein, de 3 à 5 € en tarif réduit. Gratuit pour les moins de 10 ans et les scolaires. Plus d’infos au 04.71.74.51.34.

Voir aussiLeMonde du 7 septembre

En  1926, Marc Chagall passe l’été au bord du lac Chambon, en Auvergne, à travailler sur les illustrations que lui a demandées -Ambroise Vollard pour une édition des Fables de La Fontaine. Presque un siècle plus tard, la région lui rend hommage dans un lieu inauguré pour l’occasion, à Brioude (Haute-Loire). Intitulée assez justement  » Du coq à l’âne « , l’exposition regroupe une centaine d’œuvres, essentiellement -ani-ma–lières, choisies par l’ancien directeur de la Fondation Maeght, Jean-Louis Prat.

C’est aussi lui qui a conseillé le maire de Brioude, Jean-Jacques Faucher, pour les aspects muséographiques de la réfection de l’endroit : le Doyenné, situé à quelques mètres de la très belle basilique Saint-Julien, est un édifice du XIIe  siècle, autrefois demeure des chanoines, qui, après dix-huit mois de travaux, a été admirablement restauré pour l’occasion. Et Chagall y semble comme chez lui, son bestiaire s’accordant bien avec les animaux fantastiques sculptés au Moyen Age sur le -plafond des grandes salles.

C’est que, comme les artisans de jadis, Chagall a grandi parmi les bêtes, celles qu’élevaient sur les rives de la Dvina les habitants du -shtetl de Vitebsk (Biélorussie), où il est né en  1887. Animaux réels, animaux des fables, comme ce geai paré des plumes du paon, cette cigogne curant les dents du loup ou ces deux pigeons s’aimant d’amour tendre.

Une poésie folle

Il y eut un député, dont on préfère oublier le nom, pour dénoncer à l’Assemblée le fait qu’un émigré russe illustre les Fables de La -Fontaine. Chagall y pensait peut-être en écrivant ce poème qui commence par :  » Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme « . Un des plus émouvants -tableaux de l’exposition est intitulé L’Exode.

Sont aussi exposées les planches du Cirque, 38 lithographies commandées par l’éditeur -Tériade. Et celles de la Bible, un projet conçu par Vollard mais réalisé par Tériade. Dans toutes, il parvient non seulement à créer un monde d’une poésie folle, mais aussi à explorer toutes les possibilités des techniques utilisées, inventant notamment des effets de matière extraordinaires.

Il y a aussi, ou plutôt  surtout, des sculptures. C’est sans doute là que l’inventivité de Chagall est à son plus haut degré, tant dans les motifs que dans les formes. Qu’il s’agisse de pierre taillée – Chagall n’a pas à rougir de la comparaison, aisée à faire à Brioude, avec la statuaire romane – ou de céramique, il déploie un imaginaire sans limite.

Le Centre Pompidou a prêté le très remarquable tableau A ma femme, la famille Chagall, représentée par sa petite-fille, Meret Meyer, s’est également montrée généreuse : Jean-Louis Prat a -toujours su obtenir pour ses expositions des prêts à d’autres rarement consentis. C’est ainsi qu’on peut voir, sans risquer un torticolis, les esquisses réalisées pour le plafond de l’opéra du -Palais Garnier à Paris, commandé par Mal-raux au début des années 1960, un petit monde en soi, qui, lors de son installation, n’alla pas sans soulever quelques belles polémiques.

Celles-ci semblent absentes à Brioude. Tout juste grognait-on un peu le jour de l’inauguration, frustré de ne pouvoir accéder à l’exposition : la foule était telle que la jauge du bâtiment était dépassée, et le personnel, désolé, devait refouler les visiteurs. Ceux-ci sont revenus les jours suivants : en un mois, le Doyenné a comptabilisé 14 000  entrées, selon la radio France Bleu, qui précise que –  » jamais un événement culturel n’avait rassemblé autant de monde, si vite, dans la ville « , qui ne compte que 6 700 habitants. Chagall a toujours été un peu magicien.

Harry Bellet

 

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