Artistes animaliers

PETTINEO Marcello

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Artiste naturaliste, aujourd’hui reconnu, Marcello Pettineo a consacré toute son énergie à son métier de designer-graphiste qui se confond intimement avec ses passions : l’expression artistique, la nature et la pêche à la mouche, qui l’ont conduit à parcourir le monde.

Bien souvent aussi avec un appareil photo.
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C’est en 2009, suite à un voyage en Centrafrique, où il découvre l’esprit des grands safaris, qu’il décide de s’orienter définitivement vers une carrière artistique.

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Inspiré par les périples des grands artistes naturalistes d’autrefois, et nourri par les ambiances des cabinets de curiosités, son style s’affirme au travers de ses études qui s’affichent comme les pages d’un gigantesque carnet de voyage (à l'instar de ses "Mémoires de pêcheur de tritons").

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Il est actuellement sollicité par les plus fameuses institutions, telles que Leica qui lui commande des œuvres pour sa communication, le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, avec qui il collabore pour des projets d’édition; la Grande Galerie de l’Évolution où il a également exposé.

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Ses derniers voyages; la rencontre des gorilles des plaines de Mondika, dans le Nouabale-Ndoki National Park en République du Congo et l’Argentine, pour une étude du gibier d’eau du Parana…

Au-delà de son talent exceptionnel de dessinateur, en revisitant l’esprit des grands naturalistes, Marcello nous invite à explorer et à nous questionner sur notre rapport à la nature sauvage.

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INTERVIEW

- Quel est votre Parcours en quelques étapes essentielles ? Fils d’immigré Italiens, plus particulièrement Sicilien une petite nuance qui a son importance pour moi. Né en France en 1959 mais nationalité Italienne. Je dessine depuis tout petit, je n’ai pas le sentiment d’avoir jamais dévié de ce chemin. J’ai vécu toute mon enfance en banlieue Parisienne, je pense que c’est de cette frustration, de cet éloignement de la nature sauvage, que me vient l’envie de la sublimer. À cela s’ajoute, avec la prise de conscience et le fait d’assumer totalement aujourd’hui ma destinée d’artiste, la volonté d’en faire un moyen pour sensibiliser mon public à la préservation de cette faune sauvage.DSC_3058

- Quels sont vos maîtres à penser, vos références culturelles? Référence culturelle, je n’emploierais pas ces termes, en revanche de qui je tire mon énergie… de plusieurs sources, mais si je devais en extraire deux, Peter Beard et Franck Zappa. À cela on peut y ajouter une pelleté de naturalistes du siècle dernier, en passant par Aububon et en finissant par Walton Ford, mais aussi des artistes plus classiques comme Giacommetti, Jackson Pollock………… Dans les artistes animaliers, Kim Donalson, John Banovitch, Rober Bateman,… ils sont trop nombreux pour que je les cite tous !

- Pourquoi l’animal sauvage? Simplement en opposition à l’animal de compagnie, ou plutôt aux atteintes que l’homme est capable de faire à un animal, par sadisme ou avec la meilleure intention du monde, c’est à dire l’amour des bêtes. Je porte un regard naturaliste sur les êtres vivants, je ne les classifie pas par ordre de préférence, tout être vivant est mon égal.

- Si vous en étiez un ? Aucun, pour les raisons exposées ci-dessus. L’être humain n’a pas à se prendre pour un animal tout comme il n’a pas à faire de l’anthropomorphisme comme je le constate trop souvent dans les propos de mes congénères, il a juste à chercher la symbiose avec son milieux originel.

- Dites-nous la ou les plus belles rencontres / émotions de faune sauvage ? Tous mes voyages ont suscité de belles rencontres et de grandes émotions, rencontre avec un lieu, un pays, un animal bien souvent un poisson puisque l’une de mes passion est la pêche à la mouche, et la quête d’une espèces de poisson est prétexte au voyage. Mais si je devais en sortir un, ce serait la Mongolie où je me suis rendu par deux fois. C’est très banal ce que je vais dire, mais l’émotion est venu du choc des espaces en opposition à tout ce que j’avais connu avant. Cette notion que nous avons perdu qui est le nomadisme, et la non appartenance de biens matériels, juste le strict nécessaire pour survivre. Je rajoute une autre émotion puisque entre le début de la rédaction de ce questionnaire et aujourd’hui je suis allé en Tanzanie au sud du lac Natron au pied du volcan Lengaï : même type d’émotion, grands espaces, rencontre avec un peuple authentique, les masaï, et question faune, L’EDEN !

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- Votre lieu secret de rencontre avec la faune sauvage ? Il n’y en a pas vraiment, même si je viens d’écrire plus haut que j’étais allé deux fois en Mongolie, je ne décide presque jamais des lieux où je vais, c’est l’inverse ces lieux viennent à moi sous forme de propositions quasiment toujours liées à un projet professionnel. Quoi qu’il en soit, la Terre de feu, la Patagonie m’attirent beaucoup, et forcément retourner en Afrique de l’est maintenant que j’y ai goûté.

- Le lieu mythique où vous rêvez d’aller ? N’importe où, ce qui m’attire c’est toujours la même chose, la rencontre de lieux originels où la faune y est préservée. Le choix est de plus en plus facile puisqu’on est en train de tout bousiller.

- L’œuvre qui vous semble illustrer le mieux votre parcours ? Un livre autobiographique « Mémoire de pêcheur de tritons », tout ce que je fais et ce que je suis aujourd’hui a été conditionné par le choix de tout stopper un jour dans ma carrière de graphiste, pour écrire, je devrais plutôt dire pour faire ce livre. Il m’a permis de renouer avec ma nature, mes passions, mon enfance, et de comprendre que je m’étais détourné d’un chemin qui me permettait de me réaliser. Aujourd’hui je ne fais plus aucune concession sur ce que j’ai appris à ce moment là.

- Quel matériel utilisez-vous pour vous exprimer ? Crayon, ordinateur appareil photo -D750, D300-, Tamron 150/600 mn, 105 mm, 24/70 mm. Olympus OM-D avec grand angle, pour la souplesse d’utilisation dans des situation où un matériel plus lourd n’est pas utile, et pour photographier systématiquement mes dessins en cours d’élaboration et les publier sur les réseaux.DSC_9681

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- Et vos techniques de rencontre avec l’animal sauvage ? Je ne dessine quasiment jamais sur le terrain, j’en suis totalement incapable alors je fais de la photo. J’accompagne des amis chasseurs, évidemment pas au moment de la chasse, donc pas d’arme avec nous, mais les compétences des pisteurs et de celles de mes amis. Et des zones non polluées par le tourisme.

- Quel conseil au débutant dans votre activité ? Hola !!! Regarder ce que font les autres, faire ce qu’on aime, et suivre son intuition.

- Un animal disparu revient, lequel ? Même mythique. Bien que j’adore la science-fiction, et qu’elle a nourri mon adolescence notamment au travers de l’œuvre de Mœbius, Bilal, Druillet, etc…, je m’inscris dans le présent, à la rigueur je dirais le Thylacine, tout simplement parce qu’il symbolise la stupidité dont peut faire preuve l’homme par sa méconnaissance. C’est un animal disparu il y a très peu de temps puisque nous avons des traces filmées, ce qui lui donne cette place emblématique à mes yeux sur la longue liste des animaux disparus. De plus étant considéré comme éteint depuis 77 ans, il ne devrait, s’il revenait, ne pas avoir trop de problème pour se réhabituer à son milieu. Et puis il a une allure incroyable, mi-loup et mi-tigre.

Je n’imagine pas de créature, je me contente de découvrir celle que la nature a elle-même imaginée. Néanmoins je m’intéresse de près à la question au travers des travaux de mes amis Sébastien Steyer paléontologue au MNHN de Paris et Marc Boulay sculpteur 3D qui travaillent sur un projet sur les animaux du futur, basé sur une extrapolation scientifique des principes de l’évolution. Un travail fascinant !

 - Une initiative prise ou à prendre en faveur de la faune sauvage? Je collabore avec différentes associations à qui j’offre mes services au travers d’œuvres ou de mes compétences de graphiste : PPNAT, Helpsimus, Sifaka, FILAB,…

- Une association qui vous tient à cœur ? Tikki Hywood Trust, le pangolin ma mascotte, voir leur site Internet pour plus d’infos. 

- Une urgence pour la faune sauvage, pour la vie sauvage ? Le pangolin, si l’on n'est pas capable de sauver un animal si inoffensif et fragile, unique représentant de son espèce, alors c’est que l’on n'est pas capable de sauver l’humanité.

Pour conclure : vous disparaissez ce soir, qu’aimeriez-vous laisser comme dernier message ? 

Il est inscrit dans les œuvres que je laisse à ceux qui sauront les déchiffrer !

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