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POTIER Maud, cheville ouvrière du festival de Montier en Der

Rencontre avec Madame Festival Montier-en-Der

Maud, 33 ans, lorraine d’origine, est tombée dans la nature toute petite, dès l’âge de 5 ans grâce à son « oncle ornitho qui m’emmenait au Der, qui m’a initiée aux oiseaux». Au départ elle voulait être garde forestier, mais cuber les forêts et vendre du bois, très peu !

D’où son parcours à priori étrange, fac d’histoire - histoire de l’art en particulier. Mais l’envie de la nature est la plus forte. Elle se tourne alors vers une formation professionnelle en environnement (BEATEP) et BAPAAT randonnée pédestre en Auvergne chez Espaces et Recherches, avec à la clé un stage à la Maison de l’Oiseau et du Poisson à Outines (Marne) où elle rencontre Manu (sous terre), adepte des chauve-souris et des rampants.

Puis un BTS en Gestion et Protection de la Nature (gestion des espaces naturels) à Nantes.

De fil en aiguille, de sorties ornitho en sortie ornitho, elle croise le chemin du festival de Montier-en-Der, comme visiteuse d’abord dès 2000, et quand un poste concernant les projets d’animations se présente, elle devient chargée du développement pédagogique et des expositions itinérantes en 2006.

Puis finalement responsable de la réalisation du festival et du développement pédagogique embrassant de larges responsabilités : programmation, conférences, pédagogie pour les 4 à 5000 scolaires et concours – international et jeunes !

Montier c’est plus de 46 000 visiteurs en 2014, un très bon cru, un record même. La météo n’y a pas été étrangère – « en 2013 il avait neigé le mercredi ». Mais c’est surtout le travail d’une équipe de 6 salariés, mais aussi de multiples bénévoles et l’ensemble des choix de programmation qui mènent au succès : le thème général – Biodiversité d’hier, d’aujourd’hui et de demain -, les univers d’expositions (le noir & blanc, les thématiques animalières – le pangolin par exemple -, le coin paléontologie avec Tyrex au COSEC…) et l’admirable concours photo (cf. http://www.festiphoto-montier.org) qui permet d’admirer le travail de dizaines de photographes, amateurs ou professionnels aux quatre coins du monde.

Finalement, Maud a bouclé la boucle : l’art et la nature enfin unis !

 Photo Pascal Bourguignon

Maud Potier et tout le festival adresse ses voeux à tous!

Je reviens vers vous pour vous remercier très chaleureusement de votre participation à cette édition 2014 du festival.
Un vrai succès, une satisfaction générale avec finalement très très peu de déçus (il y en a toujours ...) une fréquentation en hausse avec 46100 festivaliers dont 4000 scolaires, du jamais vu ! C'est donc sur ce joli bilan que je vous adresse mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année !
Je vous souhaite de belles aventures photographiques ou autres et espère très sincèrement avoir à recroiser votre route, à montier ou ailleurs !

Quels maîtres à penser, quelles références ?

« Robert Hainard, François Terrasson (challenge : une exposition de textes a déjà été réalisée à Montier), un regard original sur la vie et la nature ».

Pourquoi la vie sauvage ?

« Mon éducation… c’est en moi… l’ornithologie avec mon oncle… mon grand-père… les sorties avec les enfants… l’amour de la nature, tout m’entrainait vers le sauvage dès le départ. Je ne me suis même pas posée la question. »

Si vous étiez un animal sauvage ?

« Un castor, ou une loutre, des animaux bâtisseurs, territoriaux, avec une hiérarchie familiale établie et ordonnée, discrets, sauvages et sociaux à la fois. Ils symbolisent également des milieux de vie qualitatifs »

Des belles rencontres ?

« Matthieu Ricard, le moine bouddhiste photographe et philosophe, convaincu de venir après bien des appels ; les photographes, Jim Brandenburg, Vincent Munier, Fabrice Cahez…, des tas d’autres, les fidèles sans lesquels ce festival ne serait pas ».

Un spot préféré

« Le bois de mon enfance où j’ai construit mon premier observatoire baptisé « horizon » avec mon amie Faustine. On s’y perdait, on y entendait des grognements, on craignait les sangliers.»

Un lieu mythique ?

« Les Galapagos, un écosystème si particulier, si ancien,… Darwin… interactions des espèces et biodiversité époustouflante, plus de bêtes que d’hommes ! Quelquefois je me sens frustrée de ne pouvoir voyager mais je le fais à travers les photographes que nous accueillons. »

Et la technique ?

« Les jumelles et la longue vue sont prioritaires. La photo est secondaire. Et c’est une force. Je vois passer les plus belles images du monde et finalement je n’ai pas besoin ni envie de les faire, plutôt de les vivre. C’est peut être un peu ça ma frustration, voyager par procuration à travers eux et de ne pas vivre les événements. »

Un conseil ?

« Etre passionné, avoir envie, aimer les gens, respecter ; j’accepte d’être en retrait, d’être un vecteur ».

Un animal disparu revient, lequel ?

« Le Dodo, pour le symbole qu’il représente, l’aspect endémique, l’évolution ; mais je préfèrerais qu’il disparaisse moins ou pas d’espèces plutôt qu’il n’en revienne! »

Une initiative ? Une action ?

« Tout est important mais le premier problème me semble être la consommation outrancière.

Et répondre à cette question fondamentale concernant les grands prédateurs : pourquoi n’arrivons-nous pas à cohabiter avec le sauvage ? On s’est mis dans une sphère qui fait qu’on ne sait pas partager la planète. »

Pour conclure : un message ?

« On devrait se préoccuper davantage de son voisin, du coup avoir une vision plus large ; la nature reprendrait la première place ! » et prendre soin de ses enfants en les ouvrant au monde  !

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