Photographes animaliers

MACIAS Mathieu

Originaire de Pau, dans le sud-ouest de la France, j’ai grandi dans un petit village au sein d’une famille avec des parents infirmiers et un grand frère âgé de quatre ans de plus. Le sport guidera la majeure partie de mes choix pendant la première partie de ma vie, je passe du football au snowboard puis au kitesurf en 2015, lorsque je reviens m’installer à La grande Motte dans la région montpelliéraine où j’ai fini mes études un an plus tôt.

Ayant grandi proche des montagnes et de l’océan, la nature et plus particulièrement l’eau sont devenus au fil du temps de plus en plus indispensables pour moi.

Je découvre la photographie terrestre à peu près à la même époque. Je développe également un goût pour les voyages en compagnie de la femme qui partage ma vie à ce moment-là avec la découverte de plusieurs destinations en Europe et en Afrique.

En 2013, lors de mon premier voyage en Nouvelle-Calédonie, je décide de me mettre à la plongée sous-marine pour partager cette activité avec elle, une vraie découverte et la naissance d’une passion qui changera ma vie.

J’ai besoin d’être sous l’eau. Ce voyage marquera un autre grand tournant dans ma vie puisque la décision est prise de revenir sur le caillou pour y vivre. Je me mets donc à la photographie de façon plus soutenue en 2014 pour faire découvrir ces nouveaux paysages à mes proches restés à l’autre bout du monde.

Après une année, je saute le pas et décide de m’équiper pour la photo sous-marine afin de combiner mes deux passions : photographie et plongée, partageant ainsi mes rencontres exceptionnelles. Les deux années qui suivent, je me forme seul par le biais de ce que je trouve sur internet.

En 2017, je participe pour la première fois au Festival de l’image sous-marine de Nouvelle-Calédonie et je suis récompensé du prix Espoir Calédonien par Pascal Kobeh, le Président de cette édition. Je participe la saison suivante aux activités de la commission photo vidéo de la FFESSM en Nouvelle-Calédonie.

En 2018, je présente à nouveau des photos au festival de Nouméa, et c’est Gil Kébaïli qui me remet la Manta d’argent en catégorie Macro. Suite à ce prix, je décide de changer mon matériel, mon premier plein format un Canon EOS 5DIII. Je deviens également le président de la commission photo de la FFESSM en Calédonie en début de saison 2018/2019.

Je commence à envoyer mes œuvres à différents concours internationaux, les résultats sont encourageants, plusieurs photos sont en demi-finale, une photo finaliste au concours Underwater Photographer of the Year 2019 et un prix du jury au Festisub de Neuchâtel 2019.

L’envie de vivre de ma passion s’accentue. Pour ma 3ème participation à Nouméa en 2019 c’est le photographe Darren Jew qui me récompense avec la Manta d’or en grand angle Confirmé.

Ayant fini premier au championnat de photo sous-marine de Nouvelle-Calédonie 2019, je représente notre île lors des championnats de France en septembre et décroche une belle 7ème place pour ma première participation. La décision est prise de mettre les choses en marche, et l’expédition à Entrecasteaux valide définitivement mon nouveau projet professionnel.

Début 2020, je franchi donc le pas et décide de me former à l'impression et à l'encadrement, le but pour moi étant de maîtriser l'intégralité du flux de production de mes photos encadrées.

INTERVIEW

Votre rapport avec la faune

Quel parcours jusqu'à l'animal sauvage et la photographie ? Enfant très actif ayant grandi à la campagne, j’ai passé les plus beaux moments de mon enfance dehors, dans les champs et les forêts alentours.

Grand sportif, j’ai toujours évolué entre mer et montagne, été comme hiver. La vie faisant son œuvre, j’ai eu l’occasion de voyager, de m’émerveiller et de photographier une partie de la beauté de notre planète (paysages, faune terrestre). J’ai été enchanté, et je le suis toujours, par la diversité des animaux que j’ai eu l’occasion de croiser (trop rarement à mon goût) ou même ceux que j’ai vus dans les livres.

Je me suis installé en Nouvelle-Calédonie il y a 7 ans où j’ai découvert grâce à la plongée un monde que je ne connaissais pas (je ne regardais pas le commandant Cousteau dans mon enfance, je ne tenais pas en place). Je suis très vite tombé sous le charme de tous ses habitants, parfois vus dans des livres, parfois inconnus pour moi, attendrissants ou effrayants (souvent dû à notre imaginaire) mais tellement vrais. C’est ce qui résume pour moi la nature et les animaux sauvages, ils sont tout simplement ‘Vrais’.

Un maître à penser ? Je dirais Laurent Ballesta. Il y a beaucoup de bons photographes sous-marins, Ses clichés et ses expéditions dont lui seul peut avoir l’idée sont hallucinants.

Je regrette de ne pas l’avoir rencontré il y a quelques années lorsqu’il est venu présider le festival de l’image sous-marine de Nouvelle-Calédonie

Une œuvre marquante ?  La nature se suffit à elle-même pour ça

Une belle rencontre / émotion avec la faune ?  Ma première rencontre dans l’eau avec une baleine à Moorea en 2015. Je participais à une sortie baleine, alors que je m’étais mis à l’eau avec tout le monde au premier coup sans rien voir si ce n’est des bras et des palmes, lors de la deuxième mise à l’eau j’ai laissé partir tout le monde avant de me décider.

Résultat je me retrouvais avec plus de 1000m d’eau en dessous, le bateau 100m derrière et le reste du groupe 200m devant. Une baleine est remontée des profondeurs juste en dessous de moi, pour se rapprocher et se tourner à moins de 2 mètres pour me regarder doucement avant de repartir calmement.

Si j'étais un animal sauvage ? Un Lynx (mais qui aime l’eau) c’est l’animal qui m’a toujours fait rêver

Un animal disparu qui reviendrait ? J’aimerais autant qu’il n’y en ait pas de nouveau sur la liste des espèces éteintes.

Un animal fantastique qui existerait ? Le phénix sans hésiter.

Photographie animalière

Votre photo à laquelle vous tenez particulièrement ? « Divine rencontre », tout est dit dans le titre  .Cette photo offerte par deux baleines en phase de repos au moment où l’une d’elles remonte à la surface prendre sa respiration. Elle représente un des plus beaux moments de ma vie, du moins l’un des plus magiques.

La photo animalière d’un confrère que vous auriez aimé prendre ? Bizarrement aucune, elles leurs appartiennent. C’est aussi ça la magie de la photo (surtout animalière), même son propre auteur ne sera plus jamais capable de la refaire à l’identique.

Certaines m’émerveillent grandement et j’en remercie leurs auteurs. Mais je préfère vivre l’instant de la photo et la magie qu’il procure à n’importe quelle œuvre, aussi magnifique et réussie soit-elle. Ceci dit, il y a de nombreuses rencontres que je leur envie.  

Et la technique : frein ou atout ? Pour moi un atout, elle nous offre la possibilité de faire ce que l’on souhaite ou du moins de s’en rapprocher. Pour autant, rien n’empêche de transgresser les règles si telle est notre envie.

Votre « terrain de jeu » préféré ?Sous l’eau bien sûr, mais je suis partant si vous en avez d’autres à me faire découvrir.

Le voyage à faire absolument avant que le rideau de l’obturateur ne se ferme définitivement ? La liste est bien trop longue… comment choisir ! Le prochain sera un retour aux Tuamotu pour observer les grands requins-marteaux à Rangiroa si on peut sortir du caillou d’ici janvier 2022, sinon ce sera la Tasmanie

Des conseils ?  Observez, apprenez les bases, profitez, prenez le temps, allongez-vous par terre/changez de perspective et apprenez à ne pas déclencher

Biodiversité

Des urgences : climat, déforestation, braconnage...? Un peu tout ça c’est une évidence, mais je pense que la première des missions serait de réfléchir à un changement de modèle économique et la surconsomation. Sans ça je ne vois pas comment régler ce qui pour moi ne sont que les conséquences néfastes de ce modèle.

Une association de protection à mettre en avant ? Sea shepherd qui manquera toujours de moyens par rapport au travail à fournir.

Une suggestion pour sensibiliser le grand-public ? Ne jamais cesser de lui montrer la beauté de notre planète, ne dit-on pas que l’on protège ce que l’on aime ?

Apprenons-le aux plus jeunes, peut-être que l’écologie devrait être enseignée à l’école dès le primaire…

Plutôt optimiste ou pessimiste pour la suite ? L’espèce humaine est censée être la plus intelligente du règne animal… pourtant elle est égoïste, capable de se diriger vers le bord du précipice avec les autres espèces qui elles ne font que survivre, et tout ça pour des choses futiles (à quoi nous serviront les derniers téléphones 5G quand l’air sera irrespirable ?).

Je pense être plutôt pessimiste, mais surtout révolté. Pour moi, seuls les actes comptent, encore faut-il avoir le courage d’agir.

Pour conclure ? J’espère juste pouvoir continuer à vivre de belles aventures et continuer à les partager avec le plus grand nombre et ce pour de nombreuses années.

DISTINCTIONS

2020:
- FISM Mayotte 2020 : Hippocampe d'or Trio thématique Expert & Hippocampe d'or Portfolio Expert
- "Rosenstiel School's Underwater Photo Contest" : 1er Macro & 3ème Fish or Animal Portrait
- Festival nature de Montier-en-Der : 2 photographies au palmarès (1 Mammifères, 1 Autres animaux)
- CNC Nouméa : Prix du Jruy "Insolite" & Grand Prix du Jury
- Festival photo de Martinique : 2ème exæquo Macro & coup de cœur du Jury
- FIISM Nouvelle-Calédonie : Manta de bronze Auteur Calédonien
- FFESSM NC : Champion de Nouvelle-Calédonie de Photo sous-marine

2019:
- FIISM Nouvelle-Calédonie : Manta d'or Grand angle Expert
- FFESSM NC : Champion de Nouvelle-Calédonie de Photo sous-marine
- Festisub de Neuchâtel : Coup de cœur du Jury

2018:
- Concours Plein format Nouméa : 1er thème vue d'en haut
- FIISM Nouvelle-Calédonie : Manta d'argent Macro
- Festival photo de Martinique : 2ème Thème libre / Ambiance & 3ème Bio

2017:
- FIISM Nouvelle-Calédonie : Espoir Calédonien

EXPOSITIONS ET PARUTIONS

Juin 2021 : Entrecasteaux (centre culturel du Mont Dore)

Juillet/Août 2020 : Féérie Sous-marine (Musée maritime de Nouvelle-Calédonie)

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