Pendant deux semaines, plus de 180 pays et des experts en protection de la biodiversité ont débattu autour du commerce d’espèces animales.
La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) se clôt vendredi 5 décembre à Samarcande, en Ouzbékistan. Plus de 180 nations, ainsi que des experts en protection de la biodiversité, étaient réunis depuis deux semaines pour débattre de dizaines de propositions visant à mettre à jour la liste des espèces dont le commerce est interdit ou réglementé à travers le monde.
Les discussions ont abouti à un renforcement de la protection de 70 espèces de requins, mais un échec sur celle des anguilles. Un compromis a aussi été arraché sur le pernambouc, un bois qui sert à confectionner les instruments de musique, a appris France Inter auprès de plusieurs participants.
Le commerce de 70 espèces de requins va être mieux surveillé, notamment le requin chagrin, très prisé pour l’huile de son foie utilisée pour les cosmétiques et les vaccins. « C’est vraiment une avancée pour la protection de ces requins qui sont victimes de commerce illégal« , souligne sur France Inter Cécile Erny, qui représentait l’Union internationale pour la conservation de la nature lors des discussions. Cela doit permettre d’aboutir à une gestion durable de l’espèce, puisque « chaque partie doit mettre en œuvre les recommandations de la Cites« , explique Cécile Erny.
Des votes à bulletins secrets demandés par le Japon
Le commerce de raie manta et de requin-baleine sera lui complètement interdit. Ces espèces font face à une pression croissante due à la surpêche et au changement climatique. Les grenouilles vertes intègrent elles la catégorie des espèces pour lesquelles le commerce va être surveillé, avec une obligation de gestion soutenable de l’espèce. Les consommateurs pourront toujours en manger si elles viennent d’élevages, mais les importations seront contrôlées.
En revanche, la demande de l’Europe pour obtenir une meilleure protection des anguilles n’a pas abouti, en raison d’un blocage notamment du Japon, où l’anguille « est un mets inscrit dans la tradition« , explique Arnaud Horellou, qui suivait cette convention pour le Muséum national d’histoire naturelle. Aujourd’hui, seule l’anguille européenne est réglementée. Les Japonais « n’ont pas l’intention de lâcher leur culture et leur tradition, même si c’est surexploité« , souligne Arnaud Horellou. « Très clairement, la réponse a été brutale et violente. » Cette conférence a d’ailleurs été « marquée par les votes à bulletins secrets, principalement à la demande du Japon« , observe-t-il.
Un débat extrêmement vif a également eu lieu autour du pernambouc. Le Brésil voulait interdire complètement le commerce de ce bois tropical utilisé pour fabriquer les archets des violons. Mais devant le lobbying de certains musiciens et de l’Union européenne, un compromis a été trouvé : il est désormais interdit d’abattre des arbres de pernambouc pour fabriquer ces archets, mais le commerce de pernanbouc déjà coupé reste autorisé. Les instrumentiers ont du stock légal de bois. Le but est là encore de limiter le trafic illégal. L’accord Cites, entré en vigueur en 1975, protège les animaux et plantes les plus menacés au monde, et régule le commerce de plus de 40 000 espèces.
Source : FRANCE INFO
NDLR : Sous couvert de tradition, l’espèce humaine amène à l’extinction des espèces animales ou commet des actes de barbarie sur d’autres : globicéphales aux îles Féroé, ailerons de requin pour les assiettes des Chinois, pêche à la baleine au Japon… Sans parler de nos chers chasseurs si attachés à la chasse à la glu ou au déterrage des blaireaux. Quand allons-nous y mettre un terme ?
