La face cachée du plan de relance forestier français

Suite aux Assises Nationales de la Forêt, organisées par le gouvernement français, l’association Canopée publie un rapport intitulé « Planté ! Le bilan caché du plan de relance forestier », révélant que les financements publics à la forêt dans le cadre du plan de relance ont été massivement alloués à des opérations de coupes rases et à la plantation de résineux.

« Tous les projets sont par définition publics. Moi, je ne cache rien. C’est d’une transparence totale » Les mots du Ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, prononcés le 22 décembre 2020 lors d’une question posée par Canopée à propos du plan de relance, font aujourd’hui l’effet d’une promesse non tenue.

L’association Canopée a travaillé pendant un an, auditionné une trentaine d’acteurs et réalisé quatre études de cas sur le terrain pour comprendre la réalité de ce plan de relance, présenté comme « l’effort collectif le plus ambitieux depuis l’après-guerre » par le Ministère de l’Agriculture, et appuyé par une importante campagne de communication mettant en avant « 50 millions d’arbres plantés ».

L’association Canopée protège les forêts, en France et dans le monde. Elle s’attaque à la racine des problèmes, et cherche à changer les lois et les pratiques des entreprises. Pour cela, Canopée mène des actions non-violentes et interpelle les responsables. L’association ne se contente pas de dénoncer, elle propose également des solutions : toutes ses campagnes s’appuient sur une expertise reconnue et un plaidoyer engagé, qui amènent des résultats concrets.
Canopée est membre de la fédération des Amis de la Terre France et du collectif SOS Forêt et rassemble plus de 200 000 citoyens mobilisés pour défendre des forêts vivantes.

Pour Bruno Doucet, chargé de campagnes qui a coordonné ce rapport : « Notre investigation révèle le décalage entre la communication du gouvernement et la réalité : présenté comme un plan d’adaptation des forêts au changement climatique, ce plan est davantage un plan d’adaptation de la forêt aux besoins de l’industrie ».

Les points-clés de ce rapport sont les suivants :

  • 87 % des opérations réalisées en forêt privée sont des coupes rases suivies de plantation. Une opération parfois indispensable dans des forêts dépérissantes, mais qui a été généralisée à de nombreuses forêts bien portantes ;
  • Avec plus de 6 500 hectares, le douglas est le principal arbre planté alors que cet arbre n’est pas adapté au réchauffement climatique ;
  • 86 % des parcelles concernées par le plan de relance sont d’une surface inférieure ou égale à 10 hectares, surface pour laquelle aucun critère de diversification des arbres n’a été fixé. Les études scientifiques montrent, pourtant, que la diversification est indispensable pour renforcer la résilience des forêts ;
  • Environ 15% des opérations de coupes rases et de plantation ont été effectuées dans des zones Natura 2000, sans aucune conditionnalité environnementale sérieuse alors que le gouvernement français s’y était engagé auprès de la Commission européenne, cofinanceur de ce plan de relance ;
  • La liste des parcelles ayant bénéficié des subventions publiques du plan de relance n’est pas publique, malgré un engagement de « transparence totale » du Ministre Denormandie et de nombreuses demandes d’accès aux données….

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photo : Coupe forestière en Bretagne (France) © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info – Licence : Tous droits réservés