38 heures de vol sans escale, l’exploit extraordinaire d’un héron australien

Un grand oiseau aquatique venu d’Australie a réalisé un vol qui intrigue les scientifiques. Son trajet, enregistré pour la première fois par GPS, pourrait bien changer notre regard sur une espèce et aider à mieux la préserver.

C’est un exploit qui fascine les ornithologues : un héron plumifère a relié l’Australie à la Papouasie-Nouvelle-Guinée dans un vol ininterrompu de 38 heures. Documentée pour la première fois grâce à un suivi GPS, cette prouesse révèle les capacités insoupçonnées de ces grands oiseaux aquatiques, et marque une avancée majeure pour leur étude et leur protection.

Un marathon aérien inédit pour un oiseau d’eau

L’exploit a été enregistré dans le cadre de ce que les scientifiques présentent comme « la toute première étude de suivi GPS de ces grands oiseaux d’eau en Australie », selon Pacific Conservation Biology. Au total, 18 jeunes hérons ont été équipés de balises, appartenant à deux espèces : la grande aigrette (Ardea alba) et le héron plumifère (Ardea plumifera). Les premiers résultats ont stupéfait les chercheurs : un héron plumifère s’est envolé d’Australie et a parcouru, sans pause, les quelque 2 000 kilomètres qui le séparaient des côtes de Papouasie-Nouvelle-Guinée – un trajet qui prend plus de trois heures en avion.

Ce vol ne bat aucun record mondial – le martinet noir est capable de rester en vol pendant dix mois, et certains oiseaux marins migrent de l’Antarctique à l’Arctique -, mais pour une espèce aquatique de grande taille, il s’agit d’une performance remarquable. D’autant que l’analyse des données révèle des schémas migratoires différenciés entre les deux espèces étudiées : les hérons plumifères se sont tous dirigés vers le nord, tandis que les grandes aigrettes ont emprunté des routes plus variées, certains volant même vers le sud. Les hérons plumifères se sont également distingués par une vitesse de vol plus élevée et des distances parcourues plus importantes.

Une aide précieuse pour protéger les zones humides

Au-delà de la performance individuelle, l’étude révèle le potentiel immense de ces données pour la conservation. Elle apporte un éclairage inédit sur les mouvements de dispersion des hérons après leur départ des sites de nidification, et permet d’identifier les étapes critiques de leur cycle de vie.

« Ces informations sont utiles à la conservation des espèces et à la préservation des milieux aquatiques, car elles permettent de mieux comprendre les facteurs qui influencent les comportements observés sur le terrain, comme l’abondance ou la reproduction, à des échelles spatiales et temporelles pertinentes », ont souligné les auteurs dans Pacific Conservation Biology.

Et d’ajouter : « Cette étude permet ainsi d’évaluer les réponses des espèces et de hiérarchiser les stades de vie et les sites les plus sensibles à préserver. L’identification du moment des déplacements, des distances parcourues et des zones d’étape pendant la dispersion s’avère précieuse pour planifier au mieux les efforts de conservation, tant dans le temps que dans l’espace ».

Grâce à ce suivi inédit, les acteurs de la biodiversité disposent désormais d’un outil précieux pour mieux cibler leurs efforts et protéger les zones essentielles au maintien de ces espèces. Et les hérons plumifères, discrets voyageurs du ciel, n’ont pas fini de livrer leurs secrets.

Source : GEO

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