Aujourd’hui, BLOOM porte plainte auprès du Jury de déontologie publicitaire de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) contre le « conte de Noël » publicitaire d’Intermarché mettant en scène un loup « mal aimé » présenté comme végétarien, mais consommant pourtant du poisson. La publicité alimente une confusion profondément ancrée, bien qu’erronée, entre végétarisme et consommation de poisson, et contribue à la renforcer, en véhiculant un message implicite mais limpide : si vous êtes végétarien·ne, vous pouvez manger du poisson. La publicité normalise cette idée fausse et l’ancre dans l’imaginaire collectif, au bénéfice direct de la promotion de produits issus de la pêche d’Intermarché, puisque l’enseigne possède sa propre flotte de pêche, la Scapêche, qui pratique notamment le chalutage, la méthode de pêche la plus destructrice d’entre toutes, à échelle industrielle.
Par ailleurs, la publicité comporte un message induit mensonger sur l’abondance des poissons, qui est en totale contradiction avec l’état de santé de leurs populations. La publicité banalise en outre la pratique de la pêche tout en minimisant ses impacts environnementaux, or Intermarché ne pratique pas la pêche sélective à la ligne montrée dans le dessin animé mais au contraire le chalutage industriel.
La publicité d’Intermarché présente d’autres problèmes : elle encourage à « mieux manger » alors que ni l’offre de produits alimentaires de l’annonceur, ni ses orientations stratégiques, ne correspondent à ce message vertueux. Les « recettes du loup » sur le site d’Intermarché sont à ce titre particulièrement éloquentes : celles-ci présentent seulement trois recettes végétariennes, noyées dans une myriade de recettes à base de viande ou poisson. En outre, cette « belle histoire de Noël » n’est volontairement pas transparente sur son objectif commercial alors qu’elle vise des enfants et adolescents.
A tous ces égards, et d’autres encore détaillés dans notre plainte, BLOOM dénonce une campagne de publicité déloyale, malhonnête et mensongère, de nature à induire les consommateurs en erreur, notamment les enfants, et demande aux professionnels de régulation de la publicité de déclencher une procédure d’urgence pour faire retirer du clip les trois scènes comportant du poisson et de prendre toute mesure supplémentaire adaptée aux faits relevés.

