Il s’est fait tirer dessus par un chasseur de 72 ans et a manqué de peu l’amputation, selon son avocat. Son infirmité en revanche, sera permanente.
Un joggeur blessé par un tir de chasseur le 23 novembre dernier près de Vaison-la-Romaine (Vaucluse) a porté plainte contre X pour « violence volontaire ayant entraîné une infirmité permanente », avec constitution de partie civile, a appris vendredi 19 décembre ICI Drôme-Ardèche (ex-France Bleu) auprès de son avocat, Arié Alimi, confirmant les informations des médias Verts et Vakita.
Simon Eichenberg, un Drômois de 25 ans, faisait un jogging sur un petit chemin entre Vaison-la-Romaine et Saint-Romain-en-Viennois le 23 novembre dernier quand il a été gravement touché à la jambe par un tir. Le tireur présumé est un homme de 72 ans, titulaire du permis de chasse, indique le parquet de Carpentras. « Son genou a été complètement explosé, il y avait un risque très important d’amputation », raconte à ICI Drôme Ardèche son avocat Me Arié Alimi. « Il n’a plus de cartilage du tout, il a une infirmité permanente. »
Un acte qui peut mener devant la cour d’assises
Pour l’avocat, l’acte de tirer est une violence volontaire. « Violence volontaire avec infirmité permanente, c’est une infraction de nature criminelle, qui peut emmener devant une cour d’assises, qui est passible de quinze ans de prison », détaille Arié Alimi. « Mon client souhaite que l’enquête soit à la mesure de ce qu’il s’est passé », dit-il. Jusqu’ici, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet pour « violences involontaires ». Simon Eichenberg a saisi un juge d’instruction et déposé une plainte avec constitution de partie civile pour provoquer l’ouverture d’une information judiciaire.
« Il souhaite que l’affaire ait des conséquences, que les chasseurs ne puissent pas tirer dans n’importe quel sens, n’importe comment. Le cadre de la chasse a été libéralisé, mon client souhaite que chaque chasseur sache qu’un tir a des conséquences, qu’il finit aux assises s’il touche une personne physique »,explique l’avocat.
Selon le président de la Fédération de chasse du Vaucluse, Alain Briançon, les règles de chasse ont été respectées mais n’ont pas empêché l’accident. L’association de chasse n’a plus le droit d’organiser des battues depuis l’accident.

